À L’ÉCRAN – À l’Opéra National de Finlande, le chorégraphe Javier Torres López propose une nouvelle lecture de Giselle, le grand ballet romantique d’Adolphe Adam, transposé dans l’Italie des années 1950, avec une touche d’emporwerment féminin.
Z’avez d’la chance qu’on vous aime
Tous les mêmes, et y’en a marre ! C’est ce que pourrait s’exclamer la Giselle de Javier Torres López : derrière la romance, ce sont toujours les mêmes mécanismes de séduction et d’abandon qui se rejouent. Ici, l’héroïne n’est plus la jeune villageoise naïve du ballet romantique, mais une femme confrontée à un monde masculin macho mais cheap, qui la désire pour mieux la trahir.
Le déplacement vers l’Italie de l’après-guerre n’a rien d’anodin. Dans ce décor renouvelé, la pression sociale, les attentes pesant sur les femmes et la mesquinerie feutrée des relations prennent un relief inédit. Et quand Giselle vacille, cette fois, c’était la dernière : sa folie ne surgit plus comme une simple crise sentimentale, mais comme la colère lucide d’une amoureuse trompée.
En revisitant ce mythe du ballet classique, aux côtés du Ballet et de l’Orchestre National de Finlande, Torres López en change radicalement la perspective. Il fait de Giselle une figure de résistance, traversée par la douleur mais jamais effacée, donnant à l’œuvre d’Adolphe Adam une coloration presque politique. Comme chez Stromae, derrière la mélodie affleure un véritable compte à régler entre une femme et un homme. Rendez-vous, rendez-vous, rendez-vous au prochain règlement !
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Photo de Une : © CC 4.0 Paasikivi

