AccueilA la UneJoseph Swensen et l'histoire orchestrale infinie à Bordeaux

Joseph Swensen et l’histoire orchestrale infinie à Bordeaux

COMPTE-RENDU — Le Directeur musical de l’Orchestre National Bordeaux Aquitaine, Joseph Swensen défile une histoire sonore à travers Pelléas et Mélisande de Sibelius, un classique du répertoire post romantique, mais aussi l’ouverture de Roméo et Juliette par Tchaïkovski, ainsi que la fameuse Symphonie n°5 de Prokofiev. Le tout à l’Auditorium de Bordeaux, aux regards d’une histoire orchestrale sans fin…

L’expectative comme point d’appui du répertoire – une idée beethovenienne

Notre histoire commence avec les figuralismes de la nature, dramatiques, l’héritage romantique de Beethoven, une histoire sans fin, une histoire avec des solos de hautbois à l’effet frissonnant. 

L’histoire continue avec de longues notes tenues aux violons, un terrain pour l’évènement musical mais aussi la volupté des interruptions des cuivres qui laissent sous-entendre l’aspect magistral du thème de cette œuvre. 

Tchaïkovski sublime alors le tout par sa virtuosité, celle d’une histoire sans limite aucune, une ouverture immensément longue et tonitruante. Des pizzicati des cordes irrévérencieuses, des gestes des bois amoureux, comme si cette histoire devait rencontrer l’amour éternel : l’incontournable de la musique. 

La 5ème de Prokofiev, sommet d’une non-finitude

Cette symphonie, éperdument longue, cet orchestre gigantesque, c’est comme si notre histoire devait se prolonger à l’infini au travers de notre conscience, même après le concert : rester gravé dans les mémoires. Tutti miroitants, volumes sonores dantesques, contrastes rares, rocambolesque, liberté, burlesque, fanfaronnant, jeux sonores : l’histoire est comblée. 

La fin sans cesse repoussée, ravivée par l’énergie du chef. Ses grands gestes représentent le volume sonore et la volupté d’exécution, en osmose avec la phalange et le public, ravi, comblé de cette histoire qui continue de s’écrire en péripétie orchestrale, que rien ne peut devancer, bloquer ou vaincre…

À Lire également : La Montagne noire à l’Opéra de Bordeaux, c’est dans la boîte !
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