COMPTE-RENDU — Ce mercredi 8 juillet 2026 dans le cadre du festival international de Colmar, le pianiste iconique Grigory Sokolov délivrait à l’église Saint-Matthieu une expérience que personne ne voulait voir finir.
Il marche doucement, le dos courbé, par l’âge diront certains, par l’envie de prolonger plus avant encore l’inclination musicale, corrigeront les vrais. Cette fois, il s’attaque élégamment au romantisme de Beethoven et Schubert, toujours de l’avant.
Un toucher unique en son genre
Mais ce qui va de l’avant vient de loin, son agilité surprenante semble faite de réflexes comme imprégnés dans la peau par des décennies de travail. Les mains ressemblent à deux araignées en transe, sur le piano, floues à la vue. À l’oreille jamais.
Son toucher est empreint d’une précision millimétrée. Tantôt, ses doigts glissent sur les touches, tantôt ils viennent les effleurer, presque au ralenti. Chaque mouvement est joué avec la même rigueur. La nuance de son jeu offre un panel d’émotion qui maintient le public en haleine. Pour mieux en redemander.
Le concert est terminé. Des « bravo ! » fusent parmi les rangs. Le pianiste tourne les talons et disparaît derrière le rideau. Il revient aux rappels, se remet à jouer. Jusque là ça s’appelle un bis, c’est bien connu et logique pour un tel artiste, une telle prestation. Après bis c’est ter, et après ? Et après ?… Il peut aussi peu se résoudre à quitter le piano que le public à l’en dissuader. Loin de là
Pourvu que ça dure…
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Photo de Une © FIC – Bertrand Schmitt

