COMPTE-RENDU – Et si, pour voyager dans l’histoire de la musique, il suffisait de s’asseoir dans une église (Saint-Sauveur), dans le cadre des Estivales de Puisaye ? L’Orchestre symphonique des Estivales de Puisaye dirigé par Rémi Gousseau embarque le public pour un périple express à travers trois siècles de musique. Au programme : Bach, Mozart et Beethoven. Trois compositeurs, trois époques, trois manières de faire parler un orchestre.
Première étape : Bach, version grand format
Le voyage commence avec la Passacaille et fugue en ut mineur BWV 582 de Jean-Sébastien Bach, dans une transcription orchestrale de Rémi Gousseau : les différentes voix de la partition circulent entre les pupitres et donnent à entendre autrement cette architecture musicale fondée sur la répétition et la transformation d’un même thème.
La pièce installe d’emblée une atmosphère solennelle. Le thème revient, se transforme, s’épaissit, avant de faire progressivement entendre toute la richesse de cette écriture contrapuntique. Bach devient ainsi la première étape de ce voyage : celle où l’on découvre les fondations.
Changement de siècle, changement d’ambiance
Quelques décennies plus tard, Wolfgang Amadeus Mozart prend le relais avec son Concerto pour piano n°23. Aurélien Pontier rejoint alors l’orchestre pour un dialogue beaucoup plus intime.
Le pianiste s’intègre avec finesse à l’ensemble, faisant ressortir la dimension chantante de la partition. L’Orchestre lui répond avec une belle cohésion, laissant respirer les échanges entre le soliste et les différents pupitres.
Le programme change alors de visage sans jamais rompre son fil conducteur : après la construction savante de Bach vient la conversation mozartienne.
Dernier arrêt : Beethoven
Il reste Beethoven. Avec la Symphonie n°8, le voyage s’achève sur une musique qui regarde déjà vers un autre monde.
Rémi Gousseau conduit l’ensemble dans cette dernière étape avec une direction attentive à la cohésion des pupitres. L’orchestre fait entendre une partition qui joue avec les contrastes et l’énergie, donnant à cette fin de programme une impulsion nouvelle.
Trois compositeurs, donc. Mais surtout trois manières de penser le temps musical : Bach construit, Mozart dialogue, Beethoven bouscule.

Terminus : Puisaye
C’est peut-être là toute la réussite de ce programme. En réunissant Bach, Mozart et Beethoven, les Estivales de Puisaye proposent une petite machine à remonter le temps, sans jamais transformer le concert en cours d’histoire de la musique.
Le public passe d’un siècle à l’autre en quelques mesures, porté par la diversité des écritures.
Et si les Estivales de Puisaye sont un festival itinérant, cette soirée en aura donné une définition particulièrement juste : prendre place quelque part, ouvrir grand les oreilles, et laisser la musique faire le reste du voyage.
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