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La playlist classique de Julien Libeer, pianiste

PLAYLIST – Il aurait pu être chef d’orchestre mais il a préféré le piano. Julien Libeer évoque les rencontres musicales qui ont déterminé sa vie d’artiste.

Enfant, Julien Libeer a découvert Stravinsky avec Walt Disney, a voulu être chef d’orchestre en regardant Léonard Bernstein sur le magnétoscope de ses parents, mais c’est Dinu Lipatti qui l’a convaincu de devenir pianiste. Coincé à Bruxelles pendant le confinement, il s’est enfermé avec le Clavier bien tempéré de Johann Sebastian Bach et en a tiré un disque, paru le 14 janvier chez Harmonia Mundi.

Un album qui montre, selon lui, comment le maître du contrepoint « a fait tache d’huile » et coloré une mazurka de Chopin, ou un prélude de Busoni. « Le Clavier est une œuvre fondatrice pour un pianiste mais aussi très difficile, raconte le musicien. Tous les interprètes se cassent la figure dessus au moins une fois en public. » Cela ne l’a pas empêché de se produire avec joie au Musée Guimet, le 19 janvier lors des Pianissimes 2022. Mais, donnons-lui la parole…

Une playlist à retrouver sur notre chaine YouTube et Spotify.

Leonard BERNSTEIN – America (West Side Story)

« J’ai voulu devenir chef d’orchestre jusqu’à 16 ans, ce qui n’a rien d’étonnant quand on voit ce que Bernstein dégage auprès des chanteurs lyriques, dans ce film sur l’enregistrement de West Side Story. C’est mon plus vieux souvenir musical. Je regardais cette cassette VHS en boucle quand j’étais enfant. Je ne sais pas si je suis devenu musicien grâce à Leonard Bernstein, mais son personnage me captivait. C’était viscéral. Je garde un très grand souvenir de ce documentaire et de cette musique, qui est une merveille. 

Frédéric CHOPIN – 2 Nocturnes, Op. 27 en Ré majeur

Dinu Lipatti a été un phare pour moi quand j’avais 17-18 ans. Sa droiture et sa pureté de jeu, incarnaient un idéal presque chimique à une période, l’adolescence, où l’on est parfois perturbé. Cela traçait une ligne directrice. C’est même devenu un peu obsessionnel, j’avais tous ses disques, jusqu’à ce que je sois en âge de « digérer » son apport.

Johann Sebastian BACH – Le Clavier bien tempéré

Ce disque d’Edwin Fischer est particulier. C’est le premier enregistrement du Clavier bien tempéré, dans les années 1930, avec une approche de Bach héritée du XIXe qui avait rebaptisé cette œuvre « l’Ancien Testament de la musique ». C’est dire ! Fischer est encore dans cet esprit là. On observe chez lui une relation sensuelle et charnelle à l’écriture de Bach. 

Playlist : Pour la Saint-Valentin, méfiez-vous des classiques
Igor STRAVINSKY – Le Sacre du printemps

Fantasia est un souvenir d’enfance. Ce dessin animé de 1940 est incroyable ! J’ai un ami qui plaide pour laisser la musique raconter des histoires, faire des narrations. Le Sacre du printemps est une pièce délirante pour un garçon de 6 ans, mais c’est génial si vous en faites une histoire de dinosaure ! 

GLUCK – La Danse des esprits bienheureux

Mon amie Camille Thomas a tourné des vidéos sur le toit de sa maison (c’est plus facile avec un violoncelle qu’avec un piano !) et dans des salles de spectacle vides pendant le confinement. Elle joue des extraits de son disque et fait découvrir des lieux comme le théâtre de la Reine, à Versailles.

Johann STRAUSS – Op. 289 en sol mineur (La Marche persane)

Vouer un culte à Carlos Kleiber n’est pas original mais je pense à lui quand j’appréhende un concert ou un répertoire car il avait une façon de sculpter la musique qu’il dirigeait et de galvaniser les troupes. Sa gestuelle était souvent à rebours de ce que cette musique aurait inspiré à d’autres. Il est très élégant, il impose de la souplesse même à une polka militaire. Je peux le regarder en boucle. Un pianiste est un chef d’orchestre assis, et les chefs sont une source d’inspiration surtout quand il sont très expressifs.

Célimène Daudet, Lea Desandre, Philippe Hersant… se sont eux aussi prêtés au jeu de la playlist. Retrouvez-les ici.
Postmodern Juke Box – Wanabee

Je n’ai pas d’affinités avec les Spice Girls, mais ces musiciens sont extraordinaires ! Leurs reprises possèdent un vrai langage musical et ce qu’ils ont fait de ce tube est jouissif. J’avoue qu’après huit heures de répétition du Clavier bien tempéré, j’ai beaucoup dansé sur ce morceau avec ma fille. C’est un bonheur et je le recommande à tous.

Béla BARTOK – Quatuor à cordes no. 4

C’est ce que j’ai découvert de plus invraisemblable depuis longtemps ! Christian Tremblay est un batteur apparemment fan de Béla Bartók. Il sublime une dimension sauvage de sa musique avec une  valeur ajoutée. C’est un vrai musicien et je trouve encourageant de voir des gens, issus d’autres univers musicaux, avec la curiosité et l’ouverture pour passer de Bartok à Frank Zappa.

Singing Molenbeek

J’accompagne cette chorale associative depuis sa création. Le projet rassemble neuf écoles primaires sur la commune de Molenbeek. C’est une belle aventure qui transmet une pratique artistique à des élèves qui vivent des situations difficiles. C’est décomplexant de travailler avec enfants de 6 à 12 ans qui abordent la musique sans filtre. On les initie au chant polyphonique et au répertoire baroque, mais ils ont aussi fait un concert Johnny ! Sans être miraculeux, la chorale aide des élèves à sortir de leur rôle de cancre, et les enseignants le voient en classe. »

Une playlist à retrouver sur notre chaine YouTube et Spotify.

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