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L’asile de Rami Be’er : un truc de fou…

DANSE – Asylum se joue dans la cour du lycée Jacques Decour dans le cadre du festival Paris l’été. Un spectacle de danse intense qui suscite des frissons et pas uniquement en raison de la fraîcheur de cette soirée du 12 juillet.

Kibbutz compagny : village international de la danse

Asylum a été créé en 2018 par Rami Be’er, directeur de la Kibbutz Contemporary Dance Company, fondée dans les années 70 par une survivante des camps d’Auschwitz. Le chorégraphe est né dans une famille de rescapés de la Shoah, a été soldat avant de rejoindre la compagnie en tant que danseur. Le nom Kibbutz s’explique par l’organisation de la troupe qui regroupe des danseurs du monde entier qui vivent ensemble au village international de la danse.

Danseurs et chorégraphe en symbiose

Rami Be’er propose une pièce courte permettant de découvrir son style se rapprochant de celui de Hofesh Shechter. Quelques mouvements sont particulièrement marquants comme le triangle pointant vers le bas formé avec les mains des danseurs ainsi que les coups d’épaules et de hanches.
La pièce est portée par 18 danseurs exceptionnels que les courts duos ou solos qui s’enchaînent permettent de découvrir. On sent chez eux une forte base classique notamment dans les lignes corporelles et la souplesse. Leur synchronisation est irréprochable. Les courts passages semblent avoir été créés par les danseurs et le chorégraphe en symbiose.

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La musique éclectique

La musique est éclectique passant d’une ambiance sonore stressante, puis nostalgique pour ensuite diffuser une comptine en hebreu Uga Uga. Le travail des lumières et de placement des danseurs permet une scénographie dynamique.

La danse comme message

Le spectacle n’est pas seulement beau à voir, il est porteur de sens. Un homme avec un mégaphone en bandoulière ouvre et clôture la pièce. Il crie des numéros en anglais, l’image est frappante voire choquante. Asylum signifie asile, bien sûr : les danseurs rendent bien compte de cette atmosphère. Leurs visages sont marqués par la folie : leurs bouches sont grandes ouvertes hurlant en silence et leurs regards nous mettent vite mal à l’aise. La course rapide de dos traversant la scène d’une coulisse à l’autre sans jamais se retourner est stupéfiante. Alors, même si l’on ne comprend pas forcément la signification de chaque pas, c’est l’ambiance générale de la pièce que l’on retient et qui nous permet d’interpréter plus librement ce que l’on nous montre.

L’homme au mégaphone et ses « ouailles » ©GESTUELLE

A la fin de la pièce, les danseurs meurent d’épuisement après avoir été à la merci de l’homme au mégaphone. Le public reprend son souffle après tant de puissance avant d’offrir une ovation méritée aux danseurs et au chorégraphe.

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