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Bungalow 21 : Hollywood drama

THÉÂTRE – Malgré quelques clichés, Bungalow 21, au Théâtre de la Madeleine, est une pièce qui nous plonge dans l’âge d’or hollywoodien. L’histoire d’un adultère qui bouleversa la vie de deux actrices mythiques qui incarnent à elles seules deux types de féminité. Les sœurs Seigner y sont formidables dans une mise en scène impeccable.  

Triangle de stars
Scandale… © DR

Cette pièce revient sur la liaison entre Yves Montand et Marilyn Monroe, pendant le tournage du Let’s make love (Le Milliardaire) alors qu’ils sont tous les deux déjà mariés. Nous sommes en 1960 au Beverly Hills Hotel, à Los Angeles, deux couples mythiques y résident : dans le bungalow 20, Simone Signoret et Yves Montand, un couple en pleine lune de miel. Dans le bungalow voisin, le 21, Marilyn Monroe et l’écrivain Arthur Miller, un couple en train d’exploser en plein vol. Se produisit ce qui devait se produire, quand Arthur part en Irlande travailler avec John Huston sur le scénario des Misfits et que Simone, tout juste oscarisée pour son film Les Chemins de la haute ville, part à son tour en Italie pour un tournage de film : Yves succombe aux charmes de Marilyn. Mais comment peut-on résister à la star des stars, l’icône du cinéma américain ? Et forcément comme ce sont deux immenses stars, ce fût du pain béni pour la presse : cette histoire d’adultère sortit rapidement des murs du Bungalow 21 et fit la une de la presse à scandale de l’époque.

 

Sœurs de cœur

L’animateur TV Benjamin Castaldi, petit-fils de Simone, décide alors d’en faire une pièce de théâtre d’après la correspondance de sa grand-mère avec Montand, des lettres jamais publiées. Il fait alors appel à l’un des auteurs francophones les plus lus et les plus traduits dans le monde : Eric-Emmanuel Schmitt, qui s’associe avec le metteur en scène Jérémie Lippmann pour non seulement nous raconter cet adultère mythique mais également la relation d’amitié qui lia Marilyn et Simone. D’un côté une Marilyn, qui use de tous ses charmes pour plaire aux hommes, une femme enfant qui a grandi sans amour, de l’autre une Simone, belle au naturel et qui n’y prête même pas attention, une femme forte et brillante. A un moment, Simone dit à Marilyn : « Tu es tellement belle ». Elle lui répond « Mais toi tu es Simone Signoret immédiatement. Moi il me faut trois heures pour être Marilyn Monroe ». 

Une autre source d’inspiration vient des nombreuses photos en noir et blanc du fameux quatuor prise lors d’un dîner dans le bungalow 21 : l’épaule dénudée de Marilyn, le regard inquiet de Simone et toutes deux ne regardent qu’un seul homme : Montand. Tout est déjà dit dans ce cliché. Avec tous ses éléments d’inspiration, Eric-Emmanuel Schmitt a signé un vaudeville caustique et percutant, en une dizaine de tableaux qui s’enchaînent plutôt bien. On rigole à quelques moments, notamment quand Montand envoie une lettre virulente à Marilyn car il est excédé par ses retards incessants sur le plateau. C’est aussi une pièce émouvante quand on voit Marilyn seule en proie à ses démons et qui avale plusieurs cachets. Mais c’est surtout une pièce qui questionne sur le besoin et le manque d’amour, la célébrité et le sens de la vie. Comme le dit Marilyn : « Le succès ne vous débarrasse pas de vos problèmes : il les accentue en en ajoutant d’autres ». Elle met en lumière deux femmes fortes, qui ont décidé de vivre de façon totalement différente leur féminité. Pourtant on pourrait reprocher au texte que leurs interactions se limitent uniquement à un objet de désir, et ne creusent pas assez les questionnements qu’elles auraient pu avoir sur leurs vies de femmes et leurs carrières.  

Sœurs de chair

Les têtes d’affiche sont les deux sœurs Seigner, Emmanuelle et Mathilde, qui sont pour la première fois réunies sur scène. Cela faisait dix ans qu’Emmanuelle n’était pas montée sur scène. Pari osé, car clairement elles n’ont pas l’âge des protagonistes. Emmanuelle en a 20 de plus que Marilyn et pourtant elle a su trouver comment l’incarner : sensuelle, fragile, capricieuse. Une femme enfant totalement désinhibée avec toujours un verre ou une bouteille de champagne à la main. Elle est incroyable dans sa robe rouge quand elle se met à chanter avec cette voix si fragile et enfantine. En face, Mathilde Seigner, sa sœur fait de Simone son complet opposé : une femme intellectuelle, brillante, cultivée mais aussi bouleversante en amoureuse quand elle apprend l’adultère au téléphone par Yves et qu’elle lui dit : « Reviens, j’arriverai plus facilement à te pardonner qu’à ne plus t’aimer ». Face à elles, Michaël Cohen interprète un Montand nonchalant et séducteur, objet de tous les désirs mais aussi quelqu’un de détestable et machiste qui rejette la responsabilité de son adultère sur les autres. 

Côté musique, on rentre tout de suite dans l’ambiance avec le bruit de l’atterrissage d’un avion et on finit sur la chanson « Les feuilles mortes » de Montand : « Mais la vie sépare ceux qui s’aiment tout doucement sans faire de bruit ». Tout est dit dans ces paroles… Au milieu de la pièce, Emmanuelle Seigner interprète avec beaucoup d’émotion une chanson de « Let’s Make Love ». La bande son composée par David Parienti permet de plonger le spectateur dans la mélancolie des années 1950.  Il faut aussi souligner les décors impeccables et les costumes magnifiques signés Emmanuelle Favre et Anais Favre, qui réussissent à nous plonger dans le Hollywood des années 1960 grâce à cette chambre d’hôtel spacieuse comprenant la salle à coucher, le salon et la cuisine aménagée. 

Bungalow 21 est à l’affiche du théâtre de la Madeleine jusqu’au 7 janvier.

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