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Les Modigliani : 4 garçons dans le vent

CONCERT – Le Quatuor Modigliani a ouvert les rendez-vous de 18h du Festival International de Colmar avec des œuvres d’Igor Stravinsky et Ludwig van Beethoven. L’occasion de prouver au monde qu’après 20 ans à écumer les scènes du monde entier, ils en ont encore sous l’archet !

Stravinsky : le Sacre du Quatuor

Le Théâtre municipal de Colmar, attenant au magnifique Musée Unterlinden, accueille chaque année les concerts de musique de chambre programmés par les équipes du Festival. Le quatuor Modigliani a fêté récemment ses 20 ans d’existence. Il s’est imposé au premier plan à l’international tout en préservant la chaleur initiale de ses interprétations et la fougue de sa jeunesse. Les quatre musiciens qui le composent aujourd’hui – Amaury Coeytaux et Loïc Rio, violons, Laurent Marfaing, alto, et François Kieffer, violoncelle- ont sut parfaitement préserver le bonheur de jouer de la musique ensemble, tout en explorant constamment des pièces nouvelles.

Les voisins sont un peu flippants à Colmar… © DR

Le programme proposé à Colmar s’attaque à deux extrêmes du quatuor et appartiennent au répertoire désormais habituel de l’ensemble. Les Trois Pièces pour quatuor à cordes de Stravinsky ont été écrites en 1914. Le compositeur, après le bouleversement du Sacre du Printemps, ose explorer les confins de la tonalité avec une vigueur et même une radicalité surprenante. Chaque instrument sonne par lui-même et se libère dans les extrêmes. Le Quatuor Modigliani en offre une vision presque impérieuse et majestueuse, qui n’est pas sans évoquer le terrible et fascinant Retable d’Issenheim de Matthias Grünewald et ses démons conservé au sein des murs mitoyens du Musée Unterlinden.

À lire également : La ligne claire des Modigliani
Beethoven : le calme après la tempête

Le Quatuor à cordes n°7 en fa majeur op.59 n°1 de Ludwig van Beethoven est le premier des trois dédiés au Prince Razoumovski, alors Ambassadeur de l’Empire Russe à Vienne. Un souffle nouveau et assurément moderne pour l’époque, éclatant par instant, mais aussi presque tragique et mélancolique, voire affligé au troisième mouvement : il est à coup sûr une page majeure du compositeur. La tension est permanente durant toute l’exécution, avec des crêtes vives et délicates. Le dernier mouvement se veut joyeux, enivrant même, avec son thème russe exigé par le commanditaire, le Prince Razoumovski. Les quatre instruments s’entremêlent et s’amusent, l’un répondant à l’autre avec facétie et en variant les couleurs. De l’interprétation du Quatuor Modigliani ressort comme une sorte de volupté musicale, de cohésion d’ensemble qui n’exclut pas une élévation certaine qui enchante l’auditeur par sa hauteur de vue, voire son apparente facilité. Devant l’enthousiasme décuplée du public, le Quatuor lui a offert en bis une lumineuse et doucereuse Sérénade de Schubert. De quoi finir le concert en pente douce…

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