Nouvel An : c’est Marseille bébé !

CONCERT – L’Orchestre Philharmonique de Marseille dirigé par Rodolfo Barráez propose un concert du nouvel an composé de pièces légères et populaires. Polkas de Strauss, Ballets de Tchaïkovski et ouverture de Rossini sont au rendez-vous. 

Barbiere sur la Cannebière, ténors sur le Vieux Port !

Le concert a lieu à l’Opéra de Marseille, où les musiciens enchainent deux représentations le même jour : après midi et soir. Le programme s’étale sur un peu plus d’une heure pièces rassurantes, plutôt attendues pour un concert du nouvel an. L’interprétation des ouvertures de la Chauve-Souris (Johann Strauss II) et du Barbier de Séville (Rossini) au début du concert montre de belles qualités et une rondeur générale. Pas de quoi allumer l’étincelle au-delà du caractère intrinsèquement entrainant de ces deux morceaux : l’orchestre y est bien coordonné mais manque parfois d’un soupçon de souplesse et d’élan, dans une direction attentive à chaque thème et chaque motif mais moins à leur tuilage et à leurs enchainements. Curiosité du programme, l’ouverture des Vêpres Siciliennes (Verdi) est insérée entre la Chauve-souris et la Barbier.

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Peut-être vient-elle rappeler au milieu de la gaité et de la réjouissance que l’ombre du tragique plane encore sur le monde ? L’orchestre y déploie sa puissance dramatique, en révèle les contrastes et la complexité dans la poésie des moments retenus, comme dans l’intensité des vigoureux fortissimos. 

Philhar en bande organisée, personne peut les canaliser !

Le déclic opère lors du Capriccio Espagnol de Rimski-Korsakov qui s’amorce avec une énergie et une virtuosité débordante qui se maintiendra jusqu’à la fin du concert. L’agilité de l’orchestre y devient sûre et infaillible, amenant l’auditeur dans les multiples rebondissements de la partition à un rythme effréné. À l’écoute, Rodolofo Barráez veille à l’équilibre de chacun des pupitres de l’orchestre et contribue à révéler le raffinement des œuvres données, passant souvent par la subtilité de leurs détails. L’orchestration dans le style russe est maîtrisée, que ce soit dans Rimski-Korsakov ou dans Tchaïkovski. La vivacité stimulante des bois est retrouvée, comme la générosité chatoyante des percussions. La maestria des solistes contribue d’ailleurs à la magie de plusieurs passages. Celle des bois s’entend notamment dans l’ouverture du Barbier ou encore dans la poésie du hautbois dans la Danse Chinoise. Le violon solo impressionne lui par ses élans aussi toniques que précis dans les solos du Capriccio Espagnol

Rodolfo Barráez, c’est le « S »

Surfant sur cette énergie le concert se poursuit sur la même lancée avec l’Annen Polka et l’Unter Donner und Blitz Polka de Johann Strauss II qui pour cette dernière donne presque envie de se lever pour danser. Elles sont suivies par l’incontournable Beau Danube Bleu servi ici par des cuivres débonnaires et généreux et des cordes aériennes l’enveloppant de leur manteau feutré. Faisant un clin d’œil à son origine vénézuélienne, après avoir souhaité une bonne année au public, Rodolfo Barráez termine le concert avec la Trisch-Trasch-Polka de Johann Strauss ici revisitée aux couleurs de la musique latine par Paul Dessenne. Le public enthousiaste applaudit avec ferveur à la fin du concert et entre les morceaux ou les cycles. 

Demandez le programme !

  • G. Rossini – Le Barbier de Séville (ouverture)
  • J. Straus II – La Chauve-Souris (ouverture)
  • G. Verdi – Les Vêpres Siciliennes (ouverture)
  • N. Rimsky-Korsakov – Cappriccio Espagnol
  • J. Straus II – Unter Donner und Blitz Polka ; Annen Polka ; Trisch-Trasch-Polka
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