AccueilA la UneAlexandre Tharaud, Milord du piano à l’Opéra Grand Avignon

Alexandre Tharaud, Milord du piano à l’Opéra Grand Avignon

COMPTE-RENDU – À l’Opéra Grand Avignon, le pianiste Alexandre Tharaud donne un récital avec au programme un saut temporel de Bach à Ravel et un bel hommage à Edith Piaf dans les rappels.

Mon manège à moi c’est Bach

Ma parole il y a que lui sur terre ! Après trois siècles il nous fait encore tourner la tête et encore plus sous les doigts d’Alexandre Tharaud ! À l’exception de la Suite BWV 818a, le pianiste propose pour cette partie une sélection de transcriptions de sa propre main. Il s’agit de la Sicilienne de la Sonate pour flûte BWV 1031, de la Sonate pour luth BWV 996 et de deux extraits des Passions qui tombent à point nommé alors que s’amorce la semaine sainte. Contrairement à ce qui en aurait pu être attendu, l’arrangement de « Herr, unser Herrscher » qui ouvre la Passion selon Saint Jean ne s’emploie pas à reproduire le foisonnement de l’orchestre et des chœurs mais se concentre sur la clarté des thèmes principaux. La profondeur survient alors de l’interprétation qui rend les notes de piano presque aussi riches que peuvent l’être les voix par la malléabilité de leurs sonorités. Elle permet ainsi de retranscrire les progressions et les reliefs, l’humilité des hommes appelant avec ferveur à la gloire de Dieu. Sur les Sonates et les Suites, l’interprétation est élégante et nuancée. Elle souligne le caractère spécifique de chaque mouvement.

L’hymne à Ravel

Difficile de dire si nous aurons avec lui l’éternité dans le bleu de toute l’immensité, mais nous ne semblons pas prêts d’oublier Ravel qui aurait fêté ses 150 ans il y a quelques semaines. Ses Miroirs frémissent sous les mains d’Alexandre Tharaud. Il en tire des motifs cristallins avec une résonance évoquant presque parfois l’harmonica de verre, notamment dans les reflets des noctuelles ou encore les remous maritimes que traverse la barque du troisième mouvement.

Pour poursuivre cette seconde partie consacrée au vingtième siècle, Alexandre Tharaud propose sa transcription du fameux Apprenti Sorcier de Paul Dukas (œuvre popularisée par Disney et Stokowski dans Fantasia). Le pianiste embarque son public dans la ballade dès le puissant accord initial au cœur de nuées virtuoses d’aigus cristallins fusant tels des étincelles magiques. Sa lecture cohérente du poème rend son déroulé audible avec ses ruptures, le ruissèlement de l’eau qui déborde et la marche régulière des balais.

À Lire également : Tharaud et Langrée, Ravel et de Falla - ça carbure !

Après quelques mots sur le vieux piano (qui n’était pas celui des copains chez Bianco l’argentin mais un modèle restauré de la fin du XIXème siècle), emporté par la foule qui l’entraine par ses acclamations, Alexandre Tharaud donne quelques rappels enthousiasmant encore son public, notamment une transcription de L’Hymne à l’amour et de Padam Padam. En bref… On ne regrette rien !

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