AccueilSpectaclesComptes-rendus de spectacles - InstrumentalLe Philhar de Marseille à la Criée : c'est la pêche !

Le Philhar de Marseille à la Criée : c’est la pêche !

CONCERT – Au Théâtre de La Criée, Marseille Concerts propose un concert consacré au voyage avec l’Orchestre philharmonique de Marseille, dirigé par Fayçal Karoui et commenté par Olivier Bellamy, le directeur artistique de l’association. 

C’est au théâtre de la Criée, pile en face du Vieux-Port que débute la chasse aux trésors. Si les précieuses denrées récoltées ne sont pas vendues « à la Criée » comme on le faisait ici autrefois pour les poissons, elles sont annoncées par Olivier Bellamy. Alors, est’y frais mon poisson ?

Bellamy, à la ligne

La réponse est oui ! Les présentations rapides et accessibles informent un public, aujourd’hui de tous âges. Les plus novices s’y retrouvent, et les habitués ne boudent pas leur plaisir. Inscrivant le concert dans le thème proposé, les interventions de Bellamy relient chaque extrait à une destination par l’origine du compositeur, le thème du morceau (Marche hongroise, Danses slaves etc.), dans notre monde comme au-delà (la Danse macabre ouvre une brèche depuis les enfers quand la Fée Dragée nous vient tout droit du pays des rêves). Un programme exclusivement composé de hits ou de bangers comme diraient les plus jeunes, qui en plus de faire voyager dans l’espace offre aussi un voyage dans le temps : l’Histoire de la musique est couverte, des Quatre Saisons de Vivaldi au Casse-Noisette de Tchaïkovski, et de la Water Music de Haendel au Carnaval des Animaux de Saint-Saëns. 

Karoui à la barre

En bon capitaine de navire et d’une main suffisamment ferme, Fayçal Karoui tient l’orchestre, qu’il dirige d’une gestuelle à la fois ample, énergique et claire. Chaque musicien est à son poste et la coordination comme la précision de l’ensemble permet une navigation sûre y compris dans les eaux les plus tumultueuses. Ainsi l’emballement crescendo de la Marche hongroise produit un véritable effet d’entrain, suivi d’une franche salve d’applaudissements. Il en va de même pour la valse du Faust de Gounod où le dialogue souple entre pupitres révèle les émotions complexes de la rencontre amoureuse, tout en soulignant la générosité sonore de cette valse. L’orchestre dessine la poésie des eaux sombres de l’Allegretto de la Symphonie n°3 de Brahms, ou celui de la 7ème de Beethoven. 

Poissons pilotes

Le vaisseau amiral de Karoui est agile et rapide. Peut-être un peu trop léger pour les tempêtes de cuivres et de percussions de la chevauchée des Walkyries, qui auraient pu être plus tonnants, ou les timbales de la 7ème de Beethoven qui ponctuent la marche (ou les coups de rames) d’un peu trop loin. Au fil du concert, Fayçal Karoui ne manque pas de mettre à l’honneur quelques solistes comme un jeune talent du conservatoire, qui interprète le premier mouvement du Concerto pour trompette de Jan Křtitel Jiří Neruda, ou encore Da-Min Kim, violon supersoliste de l’orchestre, qui mène l’orage des Quatre Saisons depuis le haut de l’estrade. 

À lire également : Marseille : tempête sur le Vieux Port

Avec un programme rassemblant un florilège des plus belles pêches de la musique savante, une direction engagée et entrainante, une exécution sans nuage, et une présentation didactique, le philharmonique de Marseille crée un évènement aussi virtuose que populaire : un voyage tout confort sur les sept mers de la musique. Il est frais mon poisson !

Demandez le programme !

  • L.V. Beethoven – 7e Symphonie (Adagietto)
  • H. Berlioz – Marche hongroise (Damnation de Faust)
  • G. Bizet – Suite 1 de Carmen – Prélude
  • J. Brahms – Symphonie n° 3 (3e mouvement)
  • L. Delibes – Pizzicato de Sylvia
  • A. Dvořák – Danse slave op. 72 n° 2
  • G.F. Haendel – Water Music Suite n° 2 en ré (Alla Hornpipe)
  • C. Gounod – Valse de Faust
  • E. Grieg – Chanson de Solveig (Peer Gynt)
  • W.A. Mozart – Symphonie n° 25 (1er mouvement)
  • C. Saint-Saëns – Danse macabre
  • J. Strauss – Ellen a Magyar
  • P.I. Tchaïkovski – Danse de la fée Dragée (Casse-Noisette)
  • A. Vivaldi – Final de L’Été (Quatre Saisons)
  • R. Wagner – Chevauchée des Walkyries
  • Félix Mendelssohn – Songe Scherzo
  • J.K. Neruda – Concerto pour trompette en mi bémol (1er mvt)
Sur le même thème

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

Vidêos Classykêo

Articles sponsorisés

Nos coups de cœurs

Derniers articles

Newsletter

Twitter

[custom-twitter-feeds]