La Petite Sirène : ça rame…

OPÉRA – La petite sirène, composition originale de Régis Campo, revisite le conte d’Andersen sous un prisme nouveau avec une mise en scène de Bérénice Collet. Côté solistes, la petite sirène est incarnée par Charlotte Bozzi, la sœur par Marion Vergez-Pascal, la mère et la sorcière par Marion Lebègue et le prince par Étienne de Benazé.

Ce sont les six musiciens de l’ensemble qui ouvrent le spectacle, tout en subtilité et en délicatesse. Le décor épuré évoque un théâtre de marionnettes sur lequel sont projetés des vidéos. Simple, efficace. Plusieurs lampes entourent le décor et les jeux de lumières fonctionnent bien avec les projections.

On capte pas

C’est lors de l’arrivée de la petite sirène sur scène que vient la première surprise : elle sort son portable et envoie des SMS projetés sur l’écran. Petite demande à ce sujet : baisser le son de la sonnerie du téléphone, qui dérange vraiment l’écoute des musiciens. On n’a pas compris…

De quoi annoncer une interprétation contemporaine du conte ? Pas tant… quand l’histoire débute réellement, la petite sirène réapparaît en compagnie de sa mère et de sa sœur dans de jolis costumes très classiques.

Obscur

Si la mise en scène est assez efficace au début du spectacle, elle ne se renouvelle pas vraiment jusqu’à la fin du concert. Et les quelques lumières présentes sur scène, malgré des projecteurs ajoutés, ne suffisent pas à éclairer une scène qui reste très sombre. Certains choix de mise en scène sont aussi étonnants, et leur sens n’est pas clair. On trouve par exemple une sorcière déguisée en crabe, des tissus des couleurs qui sont envoyés sur la scène et restent là jusqu’à la fin, ou encore le prince qui est vêtu d’un short jaune, d’une veste de costume rose, de bottes blanches et d’une cravate. On n’a toujours pas compris…

On en prince pour le crabe

Les solistes sont bons et maîtrisent leurs voix avec notamment de très jolis vibratos, mais les ports de voix sont nombreux et alourdissent la musique, ce qui contraste vraiment avec la précision des musiciens de l’ensemble Télémaque. Musicalement, le tout reste bien interprété et agréable à l’écoute, même si la musique est assez répétitive, mais les solistes manquent de présence scénique et leurs gestes sont souvent exagérés. Au niveau du texte, c’est encore une fois difficile car s’il est clair dans les parties parlées, il est incompréhensible sur les parties chantées. Et le peu qui est intelligible n’est pas toujours très inspiré, comme lors de la scène où le prince se réjouit du repas qui lui est servi et chante pendant un trop long « Miam, miam, miam, miam, miam. Crustacés, crustacés, crustacés, crustacés, crustacés… » On a cherché, mais on n’a pas compris…

© Opéra Nice-Cote d’Azur/ D. Jaussein

Enfants, mais pas trop

Cet opéra est annoncé comme un spectacle familial pour enfants à partir de sept ans. Disclaimer : il faudra que les enfants connaissent déjà le conte d’Andersen, car les paroles difficilement compréhensibles ne facilitent pas le suivi de l’histoire. En outre, l’ambiance du spectacle est très pesante, que ce soit par la musique ou la mise en scène. Ce choix est intéressant et cohérent avec l’histoire, mais le tout manque peut-être de légèreté pour un spectacle destiné à un très jeune public. Seul le moment où la petite sirène tombe au sol après avoir perdu sa queue de poisson a suscité quelques timide rires d’enfants dans la salle. Le manque de changement d’ambiance rend aussi difficile les moments émouvants de l’œuvre : quand la mère de la petite sirène s’attriste du sort de sa fille après son rejet par le prince, par exemple, rien ne change sur scène. Pourquoi ce choix ? On ne comprend pas.

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C’est sous de nombreux applaudissements que le rideau est retombé sur les artistes. Malgré de multiples aspects étonnants du spectacle et des choix difficilement compréhensibles, c’est une belle performance qui a été proposée avec une interprétation innovante. Ces acclamations pour l’équipe sont bien méritées et ça : On le comprend !

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