AccueilA la UneDaniil et Daniel, une histoire de héros

Daniil et Daniel, une histoire de héros

COMPTE-RENDU – L’Orchestre Philharmonique de Radio France, le maestro Daniel Harding et le pianiste Daniil Trifonov confrontent à la Maison Ronde deux monuments symphoniques, Sergueï Rachmaninov et Richard Strauss : le Troisième Concerto et Une vie de héros, avant l’Hérault le lendemain où ils donnent à nouveau ce programme.

Les Héros ne sont pas ceux qu’on croît… d’abord parce que, pour nous, ce sont surtout les musiciens, ensuite et plus encore parce que l’héroïsme, le vrai se fait à bas bruit ou plutôt (parce qu’il peut être forte et crescendo) parce qu’il se fait d’autant plus impressionnant lorsque ses hauts-faits semblent naturels, évidents, simples…

Piano héros

C’est le cas pour SuperDaniil et son fidèle acolyte (un piano), traversant le Concerto pour piano et orchestre n°3 de Sergueï Rachmaninov, un champ de mines aussi bien technique qu’émotionnel, fait de tensions, d’obscurités soudaines et de tendresses enfouies. Trifonov joue comme s’il marchait sur une glace fine, avec une concentration absolue : sobre d’abord, presque méditatif ensuite, plus narratif que brillant. La virtuosité impressionne d’autant plus qu’elle se dissimule dans un murmure à travers le clavier, avec des élans de rage contenue et une poésie qui n’a pas besoin de hausser le ton. Il ose même un rubato (souplesse rythmique) des plus intimes, poussant le dramatisme sans jamais tomber dans le piège du spectaculaire.

Maestro Héraut

SuperDaniel évite lui aussi toute caricature héroïfiante, par l’équilibre subtil de son travail, une narration faite de modestie et d’équilibre, ne reniant rien de la gloire mais tout de ses excès. Les cordes chantent sans mièvrerie, et au violon solo, Nathan Mierdl séduit sans surjouer, se détachant avec une mélodie sensible et séduisante par sa beauté.

Loin des portraits flamboyants récupérés à des fins mégalomaniaques, ces héros offrent une méditation sur le temps, la critique, l’amour, l’héritage faisant cohabiter l’ironie et la nostalgie avec des luttes intérieures, un déploiement théâtral racontant sa part d’histoire.

Un duel de titans mais qui se liguent pour rendre justice à la musique, avant tout.

Tous les héros n’ont pas de cape, mais ils sont cap’
D'Héros en Hérault, lire également notre compte-rendu du lendemain à Montpellier
Sur le même thème

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

Vidêos Classykêo

Articles sponsorisés

Nos coups de cœurs

Derniers articles

Newsletter

Twitter

[custom-twitter-feeds]