AccueilA la UneC'est Insula, que dis-je... c'est une PénInsula, un Archipel !

C’est Insula, que dis-je… c’est une PénInsula, un Archipel !

COMPTE-RENDU – Insula orchestra sous la direction de Laurence Equilbey inaugure sa saison à La Seine Musicale, érigeant une passerelle, et même deux…

Si vous deviez partir sur une île déserte, qu’est-ce que vous emmèneriez avec vous ? Insula orchestra n’a rien d’une île déserte bien sûr, et l’île Séguin non plus… certes, mais c’est aussi notamment parce qu’ils y sont en résidence, à La Seine Musicale, réaffectant à la culture ce qui fut naguère un haut lieu de l’industrie automobile.

Bon, mais bien sûr la question de l’île déserte, elle est faite pour vous demander l’œuvre que vous choisissez d’emporter avec vous. L’œuvre ultime que vous pourrez écouter en boucle sans vous lasser. Et à ce petit jeu-là, beaucoup auront aussi choisi sans doute comme au programme du concert de ce soir La 5ème de Beethoven, ses pom pom pom pom éternels (les coups du destin, autant les avoir de son côté : sur une île ça peut aider). Mais peut-être que justement à l’inverse vous choisirez une œuvre si méconnue que vous pourrez ainsi apprendre à la connaître, à l’aimer en prenant votre temps de l’apprivoiser. Une œuvre de Max Bruch par exemple, comme cette Loreley, ou ce Concerto pour clarinette et alto (vous serez au moins trois sur l’île ainsi).

Et vous verrez du pays, si comme ce soir Pierre Génisson à la clarinette parcourt son île musicale enchanteresse, en dansant du corps et de l’instrument, soufflant aussi bien un léger vent frais qu’une chaleur de l’Est, tandis que l’île de Miguel da Silva à l’alto est impeccablement ordonnée, le sable ratissé. En plus, ces pièces de Bruch sont à elles seules comme des archipels stylistiques, à la fois classiques, (post-)romantiques et semblant même annoncer des atolls de minimalisme.

Pierre Génisson (© Mario Le Sergent)

Bon du coup (du destin) vous allez nous dire qu’elle n’est pas déserte du tout cette île, et oui c’est même pas une île, c’est une péninsule, que dis-je, c’est un Archipel !

Et un archipel bien peuplé, avec tout un orchestre et même un double (comme on les aimait du temps de Beethoven) : Insula orchestra qui a fêté ses 10 ans, est rejoint, dans ses rangs, par un orchestre de jeunes, une académie pour préparer l’avenir : Insula camerata.

À Lire également : Insula orchestra lance son académie, Insula camerata

Alors on ne sait pas s’ils partiraient ensemble sur une île déserte, en tout cas ils sont partis pour faire un grand bout de chemin (et de tournées ensemble, mais aussi séparément) jusqu’au bicentenaire Beethoven en 2027 pour cette promotion. Et l’intégration semble avoir déjà bien fonctionné, l’ensemble des artistes, ces « ils » formant déjà un petit nous au son collectif, tirant parti (et se tirant autant que possible des délicatesses) des instruments d’époque, suivant les élans vigoureux de Laurence Equilbey, prodiguant de clairs effets de crescendo/decrescendo, des plans sonores nettement construits, de la précision chambriste aux coups du destin.

La salle acclame tout entière cette soirée et cette rentrée : plus que la possibilité d’une île, la réalité d’un archipel…

D’autant que, miracle des miracles attendu depuis si longtemps, pire que la folle espérance d’une bouteille à la mer ! la passerelle qui relie le métro Pont de Sèvres à l’Auditorium de La Seine Musicale, et qui, cruauté suprême, depuis si longtemps inaccessible, nargue les mélomanes contraints de faire un immense détour parmi des tours, cette passerelle est enfin ouverte ! l’impression de passer d’une île à l’autre n’aura jamais été aussi miraculeuse (ou rarement).

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