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Échos de Prague en Bretagne avec Le Ponant

CONCERT – L’Opéra de Rennes accueillait le Quatuor « Le Ponant » de l’Orchestre National de Bretagne (Fabien Boudot et Marie-Noëlle Richard remplaçant Thomas Presle, aux violons, Cyrile Robert à l’alto, Olivier Lacour au violoncelle) dans un programme à l’esprit de Bohême : Bedřich Smetana, Sylvie Bodorová et Antonín Dvořák. Mais entre les hiers et l’aujourd’hui, quelles philosophies créatrices animent ces trois plumes musicales ?

À l’issue du concert, l’écrivain Pavel Hanslick* s’écria : « Monsieur Smetana, Monsieur Smetana ! Pourquoi écrivez-vous Monsieur Smetana ? Mais ne vous enfuyez pas que diable ! Je parle de votre musique ! Moi aussi je déteste Wagner ! »

« Un peu fier des premières mesures de mon premier quatuor, celui ‘‘de ma vie’’, et qu’il enflamme toujours. C’est vrai que j’ai fignolé les soli d’alto verglaçants et passionnés, les éclairs d’accords péremptoires et la texture sonore tourmentée. En 1876, je voulais écrire une musique qui transgresse les canons sacro-saints du Romantisme Germanique. Alors voilà j’ai trouvé ! Et me voici enfin accueilli parmi l’avant-garde culturelle Tchèque. Vivent les sentiments spontanés, vive la musique et les états d’âmes instables soulignés par Le Ponant, à l’aise dans toutes les narrations sonores, s’impliquant pleinement et avec chaleur. Voir l’École Nationale de Musique de Prague toucher jusqu’au Finistère, voilà de quoi s’en retourner chez soi avec passion, à ces racines culturelles qui savent aussi bien voyager. »

Pavel Hanslick, continuant de poursuivre de ses affinités musicales les artistes de ce programme, poursuivait déjà : « Mais vous, vous êtes vraiment différente Madame Sylvie Bodorova et pourtant Prague est toujours au cœur de l’Europe : que sont devenus les désirs de vos prédécesseurs ? »

« … toujours la même ! on me pose toujours la même question…. La voie que je me suis choisie en tant que compositrice est celle d’inciter autrui à s’arrêter et réfléchir ‘‘pour éclairer les choses sous une lumière différente’’, et ‘‘montrer ce que le chaos nous cache. La musique est un miracle. C’est un pont entre le paradis et la terre’’**. Mon premier quatuor, Dignitas Homini vise la lumière calme de l’espoir salvateur. Une douzaine de minutes, j’ai tout condensé »

« Il y a encore tant de mains à serrer, s’inquiète Dvořák ! Vivement mon retour à la campagne de Spillville, en compagnie de mes voisins agriculteurs immigrés depuis longtemps. Des Tchèques. J’apprécie l’Amérique et mon poste à New York me régale… aussi financièrement. Mais les forêts de Bohème me manquent. Pourtant ce n’est franchement pas une soirée nostalgique. Bonsoir, bonsoir, merci, je …. Ah ! Monsieur Hanslick ! Vous étiez parmi le public ? Vous savez, je ne suis plus d’accord avec votre vision de la beauté en musique. Voyez la tradition dans son évidence, vous ouvrir vers de nouveaux Mondes. Appréciez ces crépitements d’applaudissements et bravos qui fusent du public. Voilà pourquoi il faut composer. »

Alors, Hanslick d’écrire dans son carnet,

Pourquoi composer ? Parce qu’il n’est pas possible de ne pas composer et pour moi de ne pas les faire reconnaître.

(*) : Toute ressemblance avec des personnages ou personnes existants ou ayant existé, toute ressemblance avec des propos ayant été tenus, ne seraient que coïncidence fortuite

(**) : extraits tirés du site de Sylvie Bodorova et traduits par Nadine Bodiguel.

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