COMPTE-RENDU – L’Orchestre philharmonique de Strasbourg, déployé dans un format résolument romantique au Palais de la Musique et des Congrès, propose un programme tendu entre deux pôles (pour Noël, pourquoi pas) mais tendu vers une même intensité : l’hypnose beethovenienne et l’élan chorégraphique de Tchaïkovski.
La tension, l’attention
La soirée s’impose dès son début par sa tension, presque inhérente à toute production beethovenienne puis par un rythme dansant physique chez Tchaïkovski, le tout ici porté à un degré rare. Ce fil d’énergie, Vassily Petrenko refuse de le relâcher, imprimant une direction extrêmement énergique, parfois légèrement accélérée, mais toujours tenue par un sens aigu du momentum. Loin d’un geste décoratif, cette direction engage les corps et maintient l’ensemble dans un état de tension continue. Les cuivres dévoilent toute leur force dans les passages les plus puissants, tandis que les cordes se laissent emporter avec générosité.
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Cette tension se fait électrique, dans l’intensité grâce à la résistance par le jeu expressif de Sergei Dogadin : la lumière brille, s’épanouit et éblouit sans difficulté apparente pourtant. La soirée est hypnotique, l’émotion intense, les artistes pleinement immergés dans cet esprit semblant contenir, densifier l’émotion pour mieux qu’elle soit ressentie.

Une soirée ten(d)ue à vif
Entre l’intensité presque nerveuse de Beethoven, la liberté flamboyante du bis et le souffle collectif de Tchaïkovski, la soirée dessine un chemin dramatique cohérent. Porté par un violoniste au sommet de ses moyens et un chef qui refuse toute complaisance, le concert ne cherche jamais le confort. À Strasbourg, Dogadin et Petrenko proposent une expérience ten(d)ue à vif — et c’est précisément là que réside sa force.
Demandez le programme :
Beethoven – Concerto pour violon
Tchaïkovski – Casse-Noisette, Acte 2


