EXPOSITION – Du 26 décembre au 4 janvier 2026, le Musée des Arts Forains accueille la 15ème édition du Festival du Merveilleux. Une fête foraine géante, tout droit sortie du début du XXe siècle, dans l’enfance d’un Charles ou d’une Edith, et où se succèdent spectacles, tours de magie, numéros dansés et attractions d’antan, dans un tourbillon d’enchantements.
Ils ont dressé leur estrade et tendu des calicots !
Tout commence en 1996, dans les anciens chais de Bercy. Jean-Paul Favand y réalise un rêve un peu fou : redonner vie aux arts forains, un patrimoine populaire complètement délaissé par les musées français. Ici chaque salle est une scène de spectacle (et non plus une roulotte peinte en vert) chaque recoin est un décor. On se croit projeté dans un de ces films hollywoodiens entre Nightmare Alley et The Greatest Showman en pensant aussi à La Strada.
Viens voir les comédiens…
Et pendant le Festival du Merveilleux, le lieu retrouve la frénésie des fêtes foraines d’autrefois. Toutes les quinze minutes, un nouveau spectacle prend vie dans l’une des salles : au Théâtre du Merveilleux, dans les salons vénitiens ou sous le chapiteau du « Magic Mirror ». On déambule, on observe, on joue et on mange des barbes à papa, des gaufres ou des churros dans ce décor féérique, parfois délicieusement inquiétant (les films d’horreur sur les clowns tueurs sont passés par là). On peut tenter quelques attractions d’époque comme le faux vélocipède de 1897, capable de dépasser les 50 km/h (woo-hoo !) – sensation forte d’une autre époque.
Cette année, le musée dévoile une partie de sa collection de costumes de scène, issus du music-hall, du cirque, du théâtre, de l’opéra et du ballet. Parmi eux, une robe des années folles portée par Brigitte Bardot dans le film Boulevard du Rhum, surgie comme un fantôme glamour du passé, ou encore une énorme coiffe de Joséphine Baker. Mais l’essentiel est ailleurs : les costumes ne sont qu’un avant-goût des différents spectacles. Poussez la toile et entrez donc vous installer, sous les étoiles, le rideau va se lever…
Tu me fais tourner la tête…
Au Théâtre du Merveilleux, trois numéros dansés nous font basculer dans l’indicible. D’abord la danse serpentine telle Loïe Fuller, interprétée par Laure Bontaz : un corps presque effacé sous des voiles lumineux, des bras prolongés par de fines baguettes cachées sous ses manches, et cette illusion hypnotique d’une flamme en perpétuelle métamorphose. Souvent vue sur des vidéos d’archives, voir cette danse prendre vie relève de l’enchantement.

Puis vint la danse Tanoura, incarnée par Ibrahim Hassan. Le danseur fait tournoyer vingt-deux kilos de tissu dans une jupe qu’il a lui-même confectionnée. Pendant près de quinze minutes, il tourne inlassablement dans le sens inverse des aiguilles d’une montre — seul sens possible pour ne pas perdre l’équilibre. Peu à peu, la robe s’ouvre, se déploie et révèle des planètes, des étoiles, tout un univers en mouvement. Une performance à couper le souffle, héritée d’une danse traditionnelle égyptienne, proche des derviches tourneurs turcs.
Enfin la spirale aérienne de Nathalie Jeanson. Suspendue à un immense ressort accroché au plafond, l’acrobate danse littéralement dans les airs. Le corps s’élève, redescend, oscille, sans jamais chuter. La terre n’est pas assez ronde, pour m’étourdir autant qu’toi !

Les magiciens qui arrivent….
Dans les salons vénitiens, la magie s’invite. Sophie Edelstein, célèbre magicienne et ancienne jurée de l’émission « La France a un Incroyable Talent », orchestre de grandes illusions, cherchant des volontaires pour ces tours, semant le doute et parfois l’incrédulité. On observe et on tente de deviner le truc, sans jamais percer le secret.

Puis Slash Bubbles immerge les spectateurs dans l’univers onirique d’un dresseur de bulles de savon. Des bulles de savon, minuscules ou géantes, glissent dans l’air, certaines pleines de fumée, comme des rêves prêts à éclater.

Enfin sous le chapiteau du Magic Mirror, ancienne salle de bal tout en bois, Philou et Billy Von Burton font des claquettes sur Singin’ in the Rain. Très vite, les enfants sont invités à les rejoindre pour un cours de danse.
Bref, vous l’aurez compris, le Festival du Merveilleux déborde de surprises. En le quittant, on a le sentiment d’avoir replongé dans une enfance d’un autre temps – celle de nos grands-parents ou arrière-grands-parents – celle qu’on a jamais vécue, mais que le cinéma et la littérature ont gravée en nous. Demain matin quand le soleil va se lever, ils seront loin et nous croirons avoir rêvé…
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