DANSE – Véritable melting-pot chorégraphique, DUB s’affirme comme un espace où toutes les danses, du bharatnatyam au sabar en passant par le hip-hop et l’électro, laissent leur empreinte indélébile.
Le spectacle s’ouvre au Théâtre du 13e Art dans une pénombre habitée par une porte en néon rouge, d’où émergent les mudras « katakamukha » et « hamsapaksha » de Sangram Mukhopadhyay. Ses premiers pas de bharatnatyam, d’une technicité absolue où chaque muscle et chaque regard ondule avec précision, convoquent simultanément l’héroïsme, l’amour et la compassion, plaçant d’emblée l’œuvre sous le signe d’une virtuosité hybride.
Les trente premières minutes du spectacle nous transportent dans l’ambiance familière d’un square. Installés comme sur un banc public, nous contemplons une bande d’amis aux vibrations singulières qui entrent en écho. C’est une célébration du partage : des mouvements de krump jaillissent pour rencontrer le sabar, tandis que les danseurs s’interpellent avec des éclats de rire et des sourires intégrés au mouvement. Un trio fascinant émerge alors, où l’« hypno électro » de Romain Franco et le style « Tetris » de Slate Hemedi viennent contraster avec les mudras sacrés de Sangram, tous trois portés par une direction commune mais habités par leurs énergies propres.
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Soudain, la scénographie (de Grégoire Korganow) bascule de manière spectaculaire dans l’univers du clubbing. Le plateau se transforme en une boîte géante ornée de néons et de graffitis, où les onze interprètes bondissent de structure en structure, métamorphosés par une transe collective. Au cœur de cette bascule, Awir Leon, compositeur et « douzième danseur », insuffle une musique électronique aux influences amapiano et afrotech attentive au moindre tressaillement des corps. Le public, emporté par cette soirée techno improvisée, voit le bharatnatyam s’effacer au profit du waacking.
Dans cet espace de rencontre total voulu par Amala Dianor, la danse se partage autant que les émotions humaines les plus brutes. Le coupé décalé de Tatiana Gueria Nade s’entrelace avec l’énergie sensuelle de la pantsula de Kgotsofalang Joseph Mavundla, créant un dialogue universel. Plus qu’une simple performance technique, DUB raconte la vie : des baisers, des bousculades et des engueulades s’invitent sur scène pour transformer cette utopie chorégraphique en un récit vibrant de la jeunesse mondiale.
Le spectacle est programmé pour 14 dates au 13e Art à Paris, jusqu’au 21 février 2026.

