AccueilSpectaclesComptes-rendus de spectacles - LyriqueOn ne naît pas soprane, on le devient !

On ne naît pas soprane, on le devient !

COMPTE-RENDU — Dans le cadre du Festival Mythos, l’Opéra de Rennes accueille la création « Soprane » de David Gauchard, Emmanuelle Hiron et la chanteuse Jeanne Crousaud : un seul en scène abordant le métier de soprano, à travers des témoignages, mais aussi des airs. Quelques piqûres de rappel s’imposent !

Le saviez-vous ? Les Italiens ne font rien comme nous : alors que le terme « opéra » est masculin en français, eux optent pour le féminin. Et pour se faire parfaitement comprendre, il faut préciser « opera lirica », sinon on pourrait croire que vous parlez d’un tableau ou d’un livre (« opera » signifiant littéralement « œuvre »). Va bene !

Soprane : nom féminin

À l’inverse, le terme soprano est masculin dans la langue de Dante, tout comme alto et mezzo-soprano d’ailleurs : une ambiguïté de genre que les Français se sont empressés de corriger par l’adoption du terme « soprane », résolument féminin. À noter que le mot « soprano » est resté épicène, c’est-à-dire qu’il peut s’employer aussi bien au masculin qu’au féminin. Dans l’usage, cependant, soprano au masculin désigne plus fréquemment un timbre de voix, et soprano, au féminin, une personne. À l’opéra, on peut donc voir une soprano et entendre un soprano. Vous suivez ?

One soprane show

Le spectacle, à mi-chemin entre le récital, la conférence et le reportage, se veut intimiste : mise en scène dépouillée, une seule performeuse, pas d’accompagnement instrumental, ce qui accentue encore davantage le caractère « seule en scène » dans les passages chantés. À travers une série de témoignages (anonymisés), que Jeanne Crousaud écoute à travers son casque audio et restitue en direct, l’audience découvre les dessous d’une profession marquée par une concurrence rude, la pression des auditions, les critiques destructrices, un suivi médical digne de sportifs de haut niveau (mais non remboursé), sans parler du sexisme auquel les sopranes, comme dans toutes les professions exercées par des femmes, sont exposées, qu’il s’agisse de jugements sur leur physique ou de harcèlement.

Un autre thème revenant souvent est celui de la famille : une interrogée témoigne qu’elle ne connaît pas une soprane professionnelle qui n’ait été contrainte de faire passer sa carrière avant sa vie familiale. Une autre raconte avoir vécu le confinement de 2020 comme un soulagement.

Mais le message reste positif, contrasté par une bonne dose d’humour et d’autodérision. Être soprane est également une passion, une vocation, un don de soi, comme l’affirme la professeure de chant Blandine de Saint-Sauveur, seul témoignage directement diffusé.

Le spectacle s’achève par l’aria de la Reine de la Nuit « Die Hölle Rache » (« La vengeance de l’enfer »). Petite revanche prise par l’interprète : elle laisse le public chanter la vocalise du contre-fa. Essayons… hum, hum… Ooo- a a a a a a a a aaaaaaarg- *tousse*

À Lire également le CR Ôlyrix, et sur Ôlyrix aussi : l'interview de la soprano Tamara Bounazou, Révélation Artiste Lyrique aux Victoires de la Musique « Nous nous ressemblons beaucoup avec Iphigénie »

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