AccueilA la UneSoirée Electro-Baroque au Châtelet

Soirée Electro-Baroque au Châtelet

COMPTE-RENDU – Dress code de bon aloi : perruque poudrée et lunettes de soleil. Vendredi soir, le Théâtre du Châtelet transformait sa scène en club électro du Grand Siècle. Au programme : viole de gambe amplifiée, Bach sous synthétiseur et public sur le dancefloor. Ou comment le baroque a quitté les salons de Versailles pour rejoindre la rave.

PREMIER SET : basses royales et techno de cour

20h00. Les lumières plongent la salle dans une atmosphère de club. Sur scène, Lucile Boulanger et Calling Marian prennent place comme un duo de DJ inattendu : d’un côté la viole de gambe, de l’autre les machines électroniques. Quelques siècles les séparent. Musicalement, beaucoup moins.

Très vite, les œuvres baroques inspirées des musiques de cour se mêlent aux pulsations techno. Et le mélange fonctionne étonnamment bien. Les basses profondes de la viole se fondent naturellement dans les nappes électroniques. Ce qui pouvait sembler être un choc des genres devient au contraire une continuité sonore presque évidente.

Les jeux de lumière se transforment progressivement. Couleurs mouvantes, éclats stroboscopiques, projections : la salle d’opéra perd ses contours traditionnels. Versailles passe en mode warehouse.

DEUXIÈME SET : Bach sous néons

Puis Francesco Tristano entre en scène. Piano à gauche. Synthétiseur à droite. Entre les deux : Bach. Ou plutôt un Bach remixé, remodelé, propulsé dans un univers électronique qui conserve pourtant quelque chose de profondément baroque.

Le pianiste navigue entre acoustique et électro avec fluidité. Les motifs répétitifs de Bach prennent soudain des allures de boucles techno. Même pulsation hypnotique. Même mécanique rythmique. Même capacité à installer une forme de transe musicale.

Là encore, les lumières jouent un rôle central. Le concert devient expérience immersive. On n’écoute plus seulement : on est littéralement plongé dans le son.

AFTER SUR SCÈNE

Et puis, Francesco Tristano invite le public à monter sur scène. En quelques minutes, le théâtre se transforme en piste de danse géante. Les spectateurs quittent leurs fauteuils rouges pour danser au milieu des projecteurs.

Le moment résume à lui seul toute la soirée : abolir les frontières. Entre les genres musicaux. Entre les siècles. Entre la scène et la salle.

LE BAROQUE N’ÉTAIT PEUT-ÊTRE PAS SI SAGE

Cette soirée électro-baroque réussit précisément parce qu’elle ne traite jamais le mélange des styles comme un gadget. Elle rappelle au contraire que le baroque partage déjà beaucoup avec les musiques électroniques : goût de la répétition et importance des basses.

Au final, le Théâtre du Châtelet n’aura pas seulement accueilli un concert. Il aura organisé dans le cadre de son Festival Folies Musicales une rave versaillaise. Et la rencontre entre Louis XIV et la techno fonctionne beaucoup mieux qu’on ne pourrait le croire.

© Sebastian Madej
À Lire également : Francesco Tristano, chef de file du new classical
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