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Elisabeth Leonskaja du fond du cœur au bout des doigts

COMPTE-RENDU – Au festival Angers Pianopolis, dans l’acoustique idéale des Greniers Saint-Jean, Elisabeth Leonskaja offre un récital traversant plusieurs visages de l’école viennoise, de Mozart à Webern. Un concert habité, aussi exigeant qu’émouvant, dédié à la mémoire du pianiste Oleg Maisenberg, disparu le 16 avril dernier.

Le public angevin attendait avec ferveur la venue d’Elisabeth Leonskaja qui rend, à 80 ans, un fervent hommage à son ami Oleg Maisenberg, compatriote soviétique devenu viennois d’adoption.

De la Fantaisie de Mozart à la Sonate de Berg et celle de Schubert en passant par les Variations de Webern

Bien des voies sont possibles pour un hommage. Sombre et traversée de ruptures, mais limpide, presque aride parfois mais jamais dure : telle est la direction prise ici, droite, ferme, profondément pensée. Le refus de toute fantaisie décorative sert avant tout la structure et le discours. L’interprétation frappe par sa pudeur, tout semble naître d’une fidélité presque sacrée à la partition. Les contrastes sont subtilement amenés, agiles, dans une clarté de phrasé admirable.

Vienne au bout des doigts, Hommage du fond du cœur

Vienne et la veine musicale se fait alors étonnamment lyrique. Les progressions dynamiques sont fortement dirigées, les couleurs polyphoniques soigneusement mises en relief, donnant une ampleur presque romantique, sans jamais perdre la ligne et la pensée intérieures.

La grandeur saisie et saisissante est portée par une conscience aiguë de l’architecture musicale. Les transitions s’enchaînent avec évidence, soutenues par une technique toujours impressionnante, malgré quelques très rares hésitations vite absorbées dans le flux du discours… L’hommage est puissant, profond, sans jamais céder au spectaculaire. Il impressionne par sa limpidité, son élan et son éloquence.

Visiblement éprouvée mais généreuse, Elisabeth Leonskaja offre en bis La Plus que lente de Debussy. Choix inattendu dans ce programme viennois, mais ultime instant de couleurs et de souplesse, accueilli avec une admiration reconnaissante du public angevin.

À Lire également : Les 12 travaux d’Élisabeth Leonskaja

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