AccueilA la UneMémoires de guerre d'un violoncelle à Boulogne-Billancourt

Mémoires de guerre d’un violoncelle à Boulogne-Billancourt

ÉCHOS DU FRONT (musical) – La violoncelliste Emmanuelle Bertrand invite le public de La Seine Musicale à un voyage bouleversant dans l’Histoire, à travers un concert-lecture basé sur les carnets de Maurice Maréchal, musicien mobilisé pendant la Première Guerre Mondiale.

Compagnon de guerre… Unique

Au cœur du chaos des tranchées, Maurice Maréchal trouva un compagnon d’armes et une échappatoire à l’horreur grâce à la solidarité indéfectible d’un « Poilu », non pas un soldat en l’occurrence ou alors un fantassin artistique : ce Poilu est le nom donné au violoncelle fabriqué alors avec des caisses de munitions allemandes. Emmanuelle Bertrand en joue même à nouveau, de cet instrument reproduit à l’identique par le luthier Jean-Louis Prochasson : elle troque son violoncelle moderne contre ce Poilu au moment où Maréchal en parle dans ses textes, des textes qui sont lus également ce soir par Emmanuelle Bertrand.

Dialogue entre les époques et les âmes

Les paroles amplifiées par microphone et les sons des violoncelles se suivent et se répondent ainsi grâce à elle, qui module sa lecture avec son jeu. Les descriptions des décors de guerre se gravent avec une précision saisissante, d’autant plus marquante que le silence du public les entoure – hors les quelques irréductibles qui oublient d’éteindre leur téléphone. Chaque respiration vocale ou instrumentale, chaque inflexion sonore semble redonner une voix aux compagnons, aux tranchées.

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Répertoire entre fidélité et hommage

Les œuvres du programme sont celles interprétées alors par Maurice Maréchal (notamment la Sonate pour violoncelle de Debussy) et entrant en résonance même anachronique avec son témoignage de soldat-musicien (de Bach à Pascal Amoyel, ou la Sérénade pour violoncelle de Hans Werner Henze renforçant l’intemporalité du souvenir).

Une dernière lettre ?

Un voyage et des échos qui nous ont donné envie d’écrire, d’imaginer une lettre qu’aurait pu adresser Maurice Maréchal à la découverte de cet hommage rendu un peu plus d’un siècle plus tard :

Mon cher compagnon,
Te revoir, t’entendre encore… Qui l’aurait cru ? Nous qui avons tant tremblé sous la mitraille, tant chuchoté dans le silence des tranchées. Et pourtant, te voilà, debout, fier, chantant pour ceux qui restent, pour ceux qui écoutent.
J’ai fermé les yeux et j’étais là, avec toi. Chaque note réveillait un visage, un sourire, une ombre. Tu portes encore leurs voix, celles de nos frères d’armes, de tous nos compagnons disparus auxquels tu as survécu.
Puisses-tu continuer longtemps à murmurer leur souvenir. Tant que tu joueras, ils ne seront pas oubliés.
Maurice

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