Hilary Hahn : une idée du génie

CONCERT – La violoniste Hilary Hahn se produit dans la série des « Violonistes Virtuoses » du New York Philharmonic ce printemps, pour une démonstration grandiose. Face au concerto de Brahms, le chef Matthias Pintscher reprend au pied levé la direction de l’orchestre (le chef Herbert Blomstedt étant malade) et s’impose dans un duel intellectuel de haute volée.

La discrétion des vrais talents

Il y a des « génies » plus faciles que d’autres, mais au violon, c’est une autre affaire. On serait tenté de revenir aux origines du phénomène Hilary Hahn, et à ce qui fait d’elle l’une de ces grandes figures dont on a entendu parler, même lorsque l’on n’y connaît rien. Aux côtés d’Hilary Hahn on retrouve en effet des noms comme celui de Renaud Capuçon, peut-être plus connu du public francophone, et grand amateur de shows télévisés. Pourtant ce soir au Lincoln Center, haut lieu de musique dans le monde new-yorkais, les télévisions et reporters n’ont pas leur place, et c’est avec une attention particulière que l’on attend, et entend, Hilary Hahn.

Le programme a été légèrement modifié du fait de l’absence du chef Herbert Blomstedt, et Matthias Pintscher, qui assure donc la direction à sa place, choisit de jouer la Symphonie n°7 de Beethoven. Tout le monde est là pour la diva Hilary Hahn, mais Matthias Pintscher ne se démonte pas. Le chef manie ici une véritable joie les différentes voix musicales de la symphonie, et il sait donner à chacun sa place et son talent. On se surprend alors à redécouvrir des détails insoupçonnés de cette symphonie majestueuse et joueuse toute à la fois. À la fin de la symphonie c’est cependant lui qui s’incline, et laisse place à la violoniste. 

It’s all about Ideas…

Quand Hilary Hahn finit ses saluts (avec standing ovation de la salle du NW Phillharmonic), notre super star ne s’arrête pourtant pas là, et nous offre une brève pièce (moins de 10 minutes) qui demande un petit peu de réflexion. « He composed it for me. It’s all about ideas. », voilà comment Hilary Hahn présente son bis. Une pratique certes commune dans les grandes salles, mais qui aujourd’hui prend un tour différent : alors qu’elle vient de jouer un concerto pour Violon de Brahms flamboyant, une pièce à l’intensité technique rare – les violonistes lisant cet article sauront bien à quel point ce genre de pièce est presque « impossible à jouer » -, le bis est une exploration différente, en forme de point d’interrogation. La création contemporaine et ses harmoniques n’en continuent pas moins de montrer le talent incroyable et protéiforme des vrais génies. 

À lire également : Hillary Hahn et Mikko Franck : humains, trop humains…

Pintscher, tout l’orchestre, et bien évidemment le public, restent bouche bée. Avec Hilary Hahn, on pense un peu, et on écoute beaucoup.

Sur le même thème

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

Vidêos Classykêo

Articles sponsorisés

Nos coups de cœurs

Derniers articles

Newsletter

Twitter

[custom-twitter-feeds]