AccueilSpectaclesComptes-rendus de spectacles - DanseTendre Carcasse à Chaillot, ou le kitsch qui libère

Tendre Carcasse à Chaillot, ou le kitsch qui libère

DANSE – Dès que les lumières s’éteignent au Théâtre de Chaillot, Tendre Carcasse nous plonge dans un univers où l’intime, l’émotion et une bonne dose de kitsch se mélangent pour créer une œuvre qui, tout à la fois, nous secoue et nous libère.

Sur scène, quatre jeunes corps, quatre récits qui s’entrelacent et se transforment. Les mots commencent par décrire les complexes, l’envie de plaire, le poids des regards. Mais peu à peu, les gestes prennent le relais. Et là, tout explose. Ce n’est plus un spectacle : c’est une transe collective où l’on se réconcilie avec soi-même et les autres.

Tendre Carcasse est le mot fait chair

Arthur Perole réussit à faire de cette rencontre une fête où l’on se lâche, où l’on se
décomplexe, où chaque geste devient une déclaration d’émancipation. Le spectacle est
une libération totale, par la parole et le mouvement. On n’est plus dans le
« théâtre » comme on l’entend habituellement, mais dans un vrai cri du cœur, un lâcher-
prise où l’amour, la bienveillance et la musique sont les maîtres mots.

Le corps se réveille et prends son temps comme une salutation au soleil, manière
de se rendre disponible à ce qui va se dire. Mais à mesure que les mots se libèrent, le
corps se déploie et prend de l’ampleur. Chaque geste devient une manière de faire
écho aux paroles et d’illustrer ce qui se passe à l’intérieur. Comme si, au moment
où la parole s’intensifiait, le corps aussi s’agrandissait pour l’accompagner, comme un
moyen de libérer des émotions qu’on ne pourrait pas toujours exprimer autrement. C’est
dans cette interaction entre parole et mouvement que tout prend sens : le corps devient
le reflet de l’intimité des mots. Une vraie poésie à la Perole.

Le kitsch en vrai héros du spectacle

Et puis, il y a le kitsch. Ce n’est pas un simple effet de style, c’est carrément un moyen
de sortir des carcasses sociales et d’ouvrir un champ des possibles. Les costumes flashy,
les lumières épileptiques (merci Anthony Merlaud pour cette dose d’énergie) et ces
néons qui rappellent les boîtes de nuit des années 80, tout ça donne un vrai « wahou »
visuel. Mais le kitsch n’est pas juste là pour faire joli : il devient le catalyseur de
l’émotion. Il libère le corps, il déforme les images de soi et en même temps, il nous invite
à embrasser nos imperfections.

© Nina Flore Hernandez

Les changements de costumes ne sont pas là pour seulement nous épater, ce qu’ils font par ailleurs, mais pour illustrer une transformation. Les corps se réinventent à chaque étape, chaque vêtement devenant un outil de rébellion. Et cette explosion de liberté atteint son apogée avec Besoin d’amour de France Gall en slow final…au secours les mouchoirs sont de sortis !

À lire également : Chaillot : chat-yre à balles réelles

La compagnie du CieF nous propose de nous aimer, d’accepter et de célébrer nos corps
avec leur imperfections. Les confessions de Matthis, Elisabeth, Agathe et Arthur nous
ancrent un peu plus en nous-même, et on sort de là en se disant qu’au fond, ça serait presque vital que chaque âme perdue rencontre Tendre Carcasse.

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