AccueilA la UneArgerich & Friends & Mentor à Bordeaux

Argerich & Friends & Mentor à Bordeaux

COMPTE-RENDU – La pianiste Martha Argerich a convié ses amis à l’Auditorium de l’Opéra de Bordeaux ce jeudi 17 avril pour rendre hommage à « un guide spirituel », le violoniste Ivry Gitlis (1922-2020).

Martha Argerich parle d’Ivry Gitlis (en anglais)
Comment rendre hommage à un interprète ?

Pour un peintre, on expose ses tableaux, pour un poète, on lit ses textes en public, pour un compositeur, on joue ses œuvres, mais pour un interprète ? Bien sûr, il est hors de question de l’imiter : tous les violonistes qui ont voulu copier le vibrato d’Ivry Gitlis, qui faisait reconnaître son jeu entre mille, se sont ridiculisés ! Alors, comment faire ?

En conjuguant comme lui une virtuosité acrobatique et une sensualité à fleur de peau, tel Thomas Lefort, son plus fidèle disciple, dans l’Introduction et Rondo Capriccioso de Saint-Saëns.

Ivry Gitlis joue le Rondo Capriccioso de Saint-Saëns 

En mettant toute son âme dans chaque note, comme Lyda Chen, digne fille de sa mère Martha Argerich.

À Lire également : Dans la famille Argerich, je voudrais…

En osant s’exprimer avec une liberté totale sans trahir le compositeur, comme Iddo Bar-Shaï dans la Mazurka opus 17 n°4 de Chopin.

En ayant autant de présence qu’un orchestre entier, comme la violoniste Mayu Kishima dans une transcription d’extraits du ballet Roméo et Juliette de Prokofiev.

En servant avec autant de conviction des œuvres légères que des chefs-d’œuvre éternels, comme Mayu Kishima et Thomas Lefort dans Cinq Pièces pour deux violons et piano de Chostakovitch transcrites par Levon Atovmyan.

Et même en romantisant un peu trop une œuvre toute classique, comme Thomas Lefort et Lyda Chen dans le Duo pour violon et alto en sol majeur de Mozart, car on pardonne tout à des interprètes sincères.

En privilégiant la rencontre amicale, comme Akane Sakai, Martha Argerich et Iddo Bar-Shaï partageant le clavier dans une Romance à six mains de Rachmaninov.

En profitant de sa notoriété pour révéler à tout public des œuvres d’abord difficile, comme Martha et Iddo à deux pianos dans En blanc et noir de Debussy, qui passe encore pour une œuvre contemporaine, plus d’un siècle après sa composition.

En mettant des moyens techniques superlatifs au service d’œuvres de génie, tels Maxim Vengerov et Martha Argerich communiant dans la Sonate pour violon et piano n°8 de Beethoven.

Et enfin en rendant hommage à un violoniste qui, lui, fut aussi compositeur, Fritz Kreisler, si bien servi par Ivry Gitlis : Maxim et Martha interprètent Liebesleid (Chagrin d’amour) et Schön Rosmarin avec le même chic !

Ivry Gitlis et Martha Argerich jouent Schön Rosmarin de Kreisler : 

Sur le même thème

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

Vidêos Classykêo

Articles sponsorisés

Nos coups de cœurs

Derniers articles

Newsletter

Twitter

[custom-twitter-feeds]