CONCERT – L’Orchestre Métropolitain de Montréal, dirigé par Yannick Nézet-Séguin, a entrepris une tournée européenne de cinq dates qui fait escale à la Philharmonie de Paris, pour un double anniversaire.
Cette tournée importante pour l’Orchestre Métropolitain de Montréal s’inscrit dans le cadre d’un double anniversaire : celui des 50 ans de son directeur musical et chef principal à vie, Yannick Nézet-Séguin, et des 25 ans de présence de ce dernier à la tête de la phalange québécoise. Il avait d’ailleurs inscrit à son premier concert à l’époque la Symphonie n°6 « Pathétique » de Tchaïkovski, œuvre qu’il a choisi de reprendre dans le cadre de la tournée. Fastueuse et intense, la direction de Yannick Nézet Séguin bénéficie d’un orchestre particulièrement dévoué et attentif.
Le feu sous la glace
La conception d’ensemble pourrait gagner en lyrisme, en abandon voire en liberté expressive pour totalement emporter l’auditeur sur la voie du pathétisme le plus acéré. L’attaque furieuse du 4ème mouvement, presque exacerbée, et la suite du mouvement parfaitement dominée souligne le tempérament exceptionnel de Yannick Nézet-Séguin.
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Ces éléments centraux se retrouvent dans l’interprétation du poème chorégraphique de Ravel, La Valse, qui trouve toute sa signification dans la deuxième partie, plus animée et aux harmonies fauves. Une courte pièce de la compositrice canadienne, Barbara Assiginaak complétait le programme. Créée en 2021 avec les mêmes forces musicales, Eko-Bmijwang, « Aussi Longtemps que la rivière coule » (Barbara Assiginaak est issue des peuples autochtones), sa musique évoque les eaux du Saint-Laurent et l’homme face à la nature, avec des cordes qui peu à peu s’estompent pour retomber dans un silence intrigant.
L’azur de Kantorow
Alexandre Kantorow a déjà joué à de nombreuses reprises le Concerto pour piano n°2 de Camille Saint-Saëns, le plus populaire du compositeur, et l’a même enregistré au disque ! Qu’admirer le plus une nouvelle fois dans le jeu pianistique d’Alexandre Kantorow ? La fulgurance et l’inventivité ? Le côté spectaculaire qui imprègne son jeu dès les premières mesures à nues ? La technicité et cette facilité à toute épreuve qui évite toute boursouflure ou surenchère ?
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Tout paraît si naturel chez ce jeune pianiste, si immédiat et évident, que le bonheur de l’auditeur est un ciel sans nuage. Yannick Nézet-Séguin et l’Orchestre se délectent à l’accompagner en lui ouvrant une voie royale. Cette soirée, qui vit le drapeau québécois déployé sur scène en fin de concert (le 24 juin est la fête Nationale du Québec), a suscité une ovation sans fin de la part du public parisien.

