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À Oslo, la musique en majesté

VOYAGE – Alors que se tient le Concours Reine Sonja, on ne résiste pas à une balade musicale (et royale !) dans les rues d’Oslo.

En prélude à la grande finale du concours se tenait, le jeudi 21 août 2025, un récital de la mezzo-soprano suédoise Rebecka Wallroth – finaliste de l’édition 2023. Pas au château d’Oslo, mais dans la résidence royale d’été d’Oscarshall, étrange construction néo-gothique, tenant du décor de théâtre avec ses inspirations médiévales et sa tour la défendant contre d’éventuels envahisseurs. C’est ainsi dans un salon aux influences médiévales, orné de statues de chevaliers et autres vitraux hors du temps, que la chanteuse a offert à un public réduit – soutiens du concours, personnalités du monde culturel et diplomatique, mais aussi la reine Sonja elle-même – un concert mettant à l’honneur un répertoire quasi inconnu hors des frontières norvégiennes : car les noms de Ture Rangström, Wilhelm Stenhammar, Bo Linde et Agathe Backer Grøndahl font assurément figure de (re)découverte, ainsi que leur musique.

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Oscarshall d’Oslo CC 4.0 Premeditated

Si ces derniers n’ont peut-être pas l’inventivité des grands compositeurs de Lieder ou de mélodies, ce répertoire est l’occasion d’entendre une interprète qui goûte chaque texte qu’elle énonce, servis par une voix corsée, avec une pointe de métal dans un haut-medium rayonnant. À ses côtés, Sveinung Bjelland joue sur un piano ancien au son feutré, très loin des instruments de concert habituels. À défaut de rendre justice aux contre-chants puissants de la mélodie de Sibelius finissant le programme, il donne une idée de la musique telle qu’elle se jouait dans un salon – ici dans une atmosphère intimiste certes, mais majestueuse.

De retour dans le centre-ville, en longeant le parc du Palais royal en direction du Théâtre National, c’est tout naturellement que l’on passe devant l’appartement d’Henrik Ibsen, aujourd’hui transformé en musée. Dans l’exposition qui lui est consacrée, « I’d rather ask », le roi des dramaturges norvégiens est accompagné de quelques notes de Peer Gynt (« La Danse d’Anitra » et « La Mort d’Ase ») : Grieg n’est jamais bien loin, dans un pays qui lui doit tant de son rayonnement musical à l’étranger.

Théâtre National d’Oslo – Andrew Shiva / Wikipedia / CC BY-SA 4.0

Leurs portraits se côtoient ainsi dans une même salle du Musée national, sur notre route en longeant la mer en direction de l’Opéra, aux côtés de ceux des peintres Helga Marie Ring Reusch et Aasta Hansteen, et bien sûr d’un buste du Norvégien peut-être le plus célèbre au monde – le seul et l’unique, Edvard Munch.

À Oslo, les arts et les artistes du passé se répondent ; mais la vie musicale est aussi bien ancrée dans une architecture plus contemporaine, avec le Konserthus inauguré en 1977, et qui accueille depuis l’Orchestre Philharmonique – parmi de nombreux autres ensembles et genres musicaux. Aujourd’hui dirigé par Klaus Mäkelä, le souvenir de Mariss Jansons, qui en fut le directeur musical de 1979 à 2002, reste malgré tout bien vivant ; et en septembre prochain, Herbert Blomstedt retrouvera l’orchestre pour la 9ème Symphonie de Bruckner, plus de soixante ans après sa nomination à la tête de la phalange norvégienne.

Mais le lieu le plus emblématique de la musique à Oslo – et peut-être même le plus emblématique de la ville – est sans aucun doute son opéra, ultime étape de notre trajet et qui nous ramène à la gare centrale. Pourtant, le bâtiment ne date que de 2008 : mais il est si intelligemment et artistiquement ancré dans le fjord, avec son marbre blanc et ses immenses baies vitrées, laissant entrevoir la chaleur du bois décorant le hall ; avec, surtout, ce toit sur lequel les passants peuvent monter et admirer la vue, qu’il est comme une évidence dans le paysage – et met la musique au cœur même de la cité.

Arrivés à Oslo pour la reine Sonja, notre périple s’achève devant l’altesse lyrique Kirsten Flagstad, dont la statue trône devant le bâtiment et qui donne son nom à la place : qui d’autre que la plus grande soprano wagnérienne de son temps pour veiller sur les lieux, et pour s’assurer que la relève de l’opéra soit assurée ?

photo de Une : Opéra d’Oslo CC 4.0 Rafał Konieczny

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