DANSE – Le désormais culte Fall for Dance festival de New York reçoit le Ballet de l’Opéra de Paris, ou plutôt deux de ses étoiles, pour une incursion dans un programme où la danse néo-classique s’épanouit comme dans un jardin d’Éden.
Entrée, plat, dessert… champagne !
Le principe du Fall for Dance festival est simple : le New York City Center invite, comme le dit son directeur artistique, « le meilleur de ce qui se fait dans le monde et aux États-Unis en danse ». Les ambitions sont grandes, mais les résultats aussi, avec une sélection de compagnies néo-classiques venant présenter des pièces de leur répertoire ou de nouvelles créations. Ce soir on découvre ainsi la Gibney Company pour une pièce de Lucinda Childs, Hannah O’Neill et Hugo Marchand dans une pièce de Preljocaj et de Jerome Robbins, et une nouvelle création de Roderick George.
Fruits interdits
Surprise ce soir : les danseurs de l’Opéra annoncent que pour leur venue exceptionnelle à New York, ils ne se contenteront pas de danser uniquement L’Après-Midi d’un faune, mais offrent le pas de deux du Parc d’Angelin Preljocaj (chorégraphe qui s’apprête à faire une tournée aux Etats-Unis). Surprise aussi dans la salle, qui rit (un peu trop) dans le moment du baiser. En ces journées de rencontres aux Nations Unies, la France a une réputation à tenir, et les Etats-Unis aussi.
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Si l’arrivée des danseurs de Roderick George semble presque étrange dans le cadre un peu strict de la danse postmoderne, c’est aussi par la qualité des mouvements et son énergie que Missing Fruit se démarque. Roderick George mène ses danseurs à un autre niveau, quittant l’atmosphère austère de la salle de danse (L’Après-Midi d’un faune) pour embrasser une vision absolument politique. Quand bien même la filiation technique, de Childs à Robbins, est évidente, on se sent alors presque un peu penauds face à une vision qui invite à penser le temps. D’un jardin d’Éden à l’autre (Le Parc), après la chute, Roderick George veut maintenant que nous regardions le présent en face.

