Harold en Tamestit !

CONCERT – À l’auditorium de Lyon, Antoine Tamestit et Nikolaj Szeps-Znaider interprètent Harold en Italie de Berlioz aux côtés de l’Orchestre National de Lyon. Une soirée également dédiée à la création du XXème siècle.

C’est Grazyna Bacewicz, compositrice polonaise de la première moitié du XXème siècle qui introduit ce voyage d’Harold. Cette ouverture majestueuse, toute en relief entre cordes et cuivres, développe un langage néoclassique non dénué d’intérêt. 

Pépites polonaises

Cette courte ouverture fait ensuite place à la symphonie n°2 d’Alexandre Tansman, composée en 1926 et dédiée au compositeur et chef d’orchestre russe Serge Koussevitzky. De la symphonie du compositeur polonais, on notera en particulier le deuxième mouvement, lento. Somptueux, aux enchaînements harmoniques graves et dramatiques flirtant avec les musiques de film, les vents s’intègrent parfaitement dans ces couleurs de cordes accompagnées du piano et du célesta.

Tamestit : one alto show !

En point d’orgue très attendu par le public de cette soirée : Harold en Italie. Antoine Tamestit, à l’alto solo, illumine ce poème symphonique d’Hector Berlioz. Son jeu fin et souple transcende l’écriture du compositeur de la Côte-Saint-André, des graves sombres et généreux aux aigus impeccables et si maîtrisés qu’une sensation de bien-être et de satisfaction communicatives exudent de l’altiste. Le dialogue avec les musiciens de l’orchestre, à travers de nombreux solos, met en valeur les sonorités chaudes de ceux qui sont plus rarement en première ligne : cor anglais, basson, hautbois… La mélancolie de l’écriture, les couleurs dramatiques de l’alto et de la harpe, transportent le public vers des contrées doucement nostalgiques.

À lire également : Antoine Tamestit : the Altiste

La mise en scène et le jeu d’acteur de l’altiste solo achèvent de conquérir le public lyonnais, Antoine Tamestit considérant la scène dans son ensemble, l’orchestre devenant un terrain de jeu grandeur nature. Le jeu instrumental résonne comme une exploration continue, autant dans les interactions avec le chef Nikolaj Szeps-Znaider et certains instrumentistes de l’orchestre que dans l’adresse régulière au public. 

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