DANSE – Peut-on encore parler de scoop quand la star de la danse moderne américaine se révèle être aussi géniale qu’on le pensait ? Alvin Ailey est au New York City Center pour les fêtes et l’on apprécie le cadeau de Noël « un peu en avance » que nous fait la compagnie.
Burning news : il faut se rendre au City Center
Le New York City Center fait partie de ces endroits magiques où le décor (un faux palais mauresque, entre le music-hall et Disney Land) donne un charme inouï aux spectacles que l’on peut y voir. Mais cela serait sans compter une programmation assez remarquable, qui met en valeur des compagnies internationales reconnues, nous faisant (re)découvrir entre autres des compagnies taïwanaises ou même des stars européennes, à l’image d’Hugo Marchand qui fera une saison spéciale à la fin du printemps. Mais au milieu de toute cette effervescence, et à deux pas du Rockefeller Center, on en oublierait presque le cœur d’une certaine vision de la danse américaine, qu’Alvin Ailey incarne à la perfection.
À Lire également : Alvin Ailey - gospel with no words
Comment en effet oublier Revelations et sa musique, entre spirituals, gospel et blues ? Le public d’ailleurs ne s’y trompe pas, et frémit aux premières notes de musique, bien avant que le rideau ne s’ouvre. Pour Alvin Ailey et ses danseurs on vient bien au City Center comme un groupie, enthousiasmé par l’idée de voir quelque chose qui a marqué l’histoire esthétique (et politique !) de la danse américaine.
Coup de Memoria et retour aux classiques
Le programme mélange ce soir classiques des pièces chorales de la compagnie, avec d’un côté Memoria et de l’autre le culte Revelations, et propose deux pièces plus réduites, un duo et un solo, entre ces deux là avec A Case of You, de Judith Jamison, et Cry, pour Judith Jamison et par Alvin Ailey. Ici on sent de nouveau l’histoire qui se crée sur scène avec cette pièce créée pour la plus grande icône de la compagnie, malheureusement disparue l’année dernière, et sa propre création. Mais faire du Alvin Ailey est une mission difficile, et même la grande Judith Jamison s’en est tiré difficilement, perdant un peu de ce qui a fait l’originalité (les Américains disent « the uniqueness ») d’un style absolument inédit.
Comme toujours les danseurs d’Alvin Ailey s’en tirent bien, avec un sourire au bout des lèvres qui compense bien les quelques manques de rigueur technique car on sent que ce qui prime aujourd’hui, dans le public comme sur scène, est bien plus l’esprit Alvin Ailey qu’autre chose : à l’image du dernier tableau de Revelations, et du désormais aussi culte après-salut où les danseurs se remettent à danser dans une battle improvisée, faisant suivre le public (debout !) avec eux.
Photo de Une : © Nir Arieli

