COMPTE-RENDU – Le Festival international Bach de Stuttgart, dont l’édition 2026 s’intitule « Weil wir Bach lieben » (Parce que nous aimons Bach) propose un concert original dans la « Weisser Saal » (Salle blanche) du « Neues Schloss » (Palais nouveau), les « New brandenburg concertos » exécutés par l’ensemble danois « Concerto Copenhagen », dirigé par Lars Ulrik Mortensen.
La mode est aujourd’hui à la « revisite », on revisite le mille feuille et la blanquette de veau, pour inscrire la tradition dans la modernité. C’est un peu dans cet esprit que ce concert présente, comme « une fiction historiquement informée » une revisite des Sonates en trio pour orgue (BWV 525 à 530) de J. S. Bach, devenues des concertos pour ensemble instrumental.
C’est durant la triste période d’inactivité forcée de la Covid, que l’hautboïste baroque Antoine Torunczyk a eu l’idée de ré-élaborer ces sonates en trio, qu’il trouvait particulièrement joyeuses, pour un ensemble instrumental. L’écriture contrapuntique de ces sonates particulièrement dense, avec une polyphonie complexe pour un seul exécutant, l’a conforté dans l’idée de redistribuer les voix à divers instruments, avec le souci maximal de varier les timbres, pour en faire des « Concerts avec plusieurs instruments ». Bach lui-même était coutumier de la ré-élaboration de certaines de ses pièces pour un cadre nouveau et de la variation de celles d’autres compositeurs (Vivaldi, Couperin…). Il avait aussi l’habitude de marier des instruments qui nous semblent peu compatibles aujourd’hui, trompette et flûte à bec par exemple. Antoine Torunczyk a donc convoqué, au delà des cordes et de la basse continue attendues, des cors, un hautbois « da caccia » (de chasse) au timbre nasillard, un hautbois d’amour sonnant comme une trompette douce, une viole d’amour aux sonorités tendres et une viole « pomposa » que les allemands nommaient « Fagott Geige » (violon basson) à cause de son timbre.
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Il a décidé d’inscrire ces pièces nouvelles à la suite des « Concertos brandebourgeois » du même Bach, justifiant le titre du concert de ce soir : « New Brandenburg Concertos » !
La musique qui en résulte, exulte de joie en effet, elle regorge et déborde d’une énergie jubilatoire, parfaitement incarnée par cet ensemble dédié depuis 30 ans aux musiques de chambre des 18e et premier 19e siècles. Le « son » en est très homogène et généreux, sous la direction discrète mais énergique de Lars Ulrik Mortensen au clavecin ! La distribution instrumentale varie selon les concertos.
Le chef et le ré-élaborateur prennent la parole par deux fois pour expliquer la démarche avec humour et conviction.
Conviction au rendez-vous dans le public qui a fait aux artistes une standing ovation.








Photos © Franziska Kraufmann

