AccueilSpectaclesComptes-rendus de spectacles - LyriqueLa Bohème à Reims : visa pour pleurer

La Bohème à Reims : visa pour pleurer

COMPTE-RENDU — Nous partons pour un voyage à Reims (jusqu’à la vie de Bohème) ! Le train est dans 2 h, il va falloir boucler notre valise. Mais d’abord, voyons ce que l’on peut emporter…

Aaah c’est une destination qui fait rêver : un théâtre à l’italienne rempli, avec des sièges en bois et une verrière au plafond. À l’affiche, l’opéra La Bohème sur une musique de Giacomo Puccini, un livret de Giuseppe Giacosa et Luigi Illica, une mise en scène de David Geselson et l’orchestre de l’Opéra de Reims dirigé par Sebastian Beckedorf. L’agence de voyage nous a également promis un panorama sentimental paradisiaque !

Mais revenons un peu à cette valise…

La Bohème par David Geselson © Jean-Louis Fernandez
De l’éclairage

L’éclairage public s’éteint de plus en plus tôt, ce serait bête de se perdre…

– Beaucoup de bougies : utile pour éclairer une mansarde parisienne du XIXe siècle. Elle sert d’entremetteuse entre Rodolfo et Mimi. Rodolfo est au début de la pièce un poète parisien en fauteuil roulant vivant dans le Quartier latin de Paris interprété par Angel Romero. Mimi est une femme phtisique (atteinte de tuberculose), brodeuse voisine de Rodolfo incarnée par Lucie Peyramaure.  

– Un voile transparent de la taille de votre rideau. D’un côté sont projetés des informations et des poèmes. Ce voile est présent pendant une bonne partie de la pièce et permet d’introduire Marcello, peintre, joué par Yoann Dubruque, ami de Rodolfo. Il introduit également Louis de Lavignère dans le rôle de Schaunard ainsi que Colline, interprété par Adrien Mathonat.

La Bohème par David Geselson © Jean-Louis Fernandez
Une bouteille de vin miraculeusement toujours remplie

Eh eh ! Ne me jugez pas trop vite, ça peut aussi servir pour assaisonner un plat…

– La bouteille de vin est l’élément utile tout au long de la pièce. Ce sera une ancre tout au long de l’opéra. Peut-être est-ce le vin qui soigne progressivement Rodolfo qui est maintenant à béquilles.

– Il ne faut pas hésiter à prendre également des verres qui seront utiles pour introduire dans son tableau le personnage de Musetta, interprété par Florie Valiquette.

La Bohème par David Geselson © Jean-Louis Fernandez
Les chaises et les jouets

Eh quoi ? Il n’y a pas d’âge !

– Les jouets créeront une diversion et introduiront le personnage de Parpignol, Takeharu Tanaka. Ce dernier rentre par la salle avec une petite fanfare. Cela permettra de ressentir l’action et d’avoir le sentiment d’en faire partie.

– Il y aura besoin de chaises pour l’effet dramatique ! Tantôt menacées d’être sacrifiées pour survivre à l’hiver, tantôt utilisées comme repose-pieds, ou accessoire de fête. Elles deviennent de véritables objets de jeu. Elles permettent à Musetta de se la jouer Cendrillon en posant son pied dessus et en chantant des notes aiguës. Les deux premiers tableaux traduisent une vie joyeuse de bohème parisienne des années 1800 : désargentée, avinée et passionnée. Assis, ou en mouvement, les acteurs chantent tous avec une énergie constante. Leur vibrato renforce la tenue des notes et donne plus d’intensité à leurs voix.

La Bohème par David Geselson © Jean-Louis Fernandez
Un bonnet rose !

Vous connaissez le dicton : avril, ne te découvre pas d’un fil !

– Objet curieux, mais dramatique qui permettra de clore une histoire d’amour ouverte sur un air. Pour renforcer la tragédie du bonnet rose, il faudra créer de la brume sur scène et placer les personnages dehors.

– Le décor nécessitera un arbre mort, quelques flocons de neige et une verrière devenue entrée d’auberge. Ensuite, au programme : maladie et rupture ! C’est là que le bonnet est utile, pour sécher les larmes de Rodolfo alors que Mimi reprend sa bague et son livre !

La Bohème par David Geselson © Jean-Louis Fernandez
Manchon en fourrure et mouchoir

Parce que ça fait toujours son petit effet…

– Mimi va très mal ! Lucie Peyramaure réussit à chanter allongée avec une grande puissance, parfaitement audible pour le public (puissance notable chez tous les interprètes).

– La tenue miraculeuse revêtue par Mimi apparaît lorsqu’elle sort de son lit. Elle est élégante, mais ça ne l’empêche pas de s’effondrer.

– Le manchon en fourrure entre en jeu, dernier cadeau de Musetta à Mimi. Cette dernière meurt dans les bras de Rodolfo qui est guéri.

 Enfin, pour le mouchoir, il servira à essuyer nos larmes à la fin de l’opéra !

(si j’arrive à mettre tout ça dans ma valise !)

La Bohème par David Geselson © Jean-Louis Fernandez
À Lire également : Le spleen de Nancy

Sur le même thème

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

Vidêos Classykêo

Articles sponsorisés

Nos coups de cœurs

Derniers articles

Newsletter

Twitter

[custom-twitter-feeds]