Samedi à la Villa Charlotte : balades

FESTIVAL – Trois concerts se sont succédés sur la même journée au Festival de la Villa Charlotte aux Sables-d’Olonne, mettant à l’honneur la violoncelliste Margarita Balanas, la violoniste Mira Foron, le guitariste Raphaël Feuillâtre en solistes, puis une création du compositeur Johan Farjot.

Les Concerts du jour, dit « Concerts Balades » auraient dû se dérouler dans le jardin de la Villa. Mais, comme la veille, la pluie s’est invitée, contraignant à un repli à la salle des fêtes de la Chaume, qui offre une acoustique très acceptable, à défaut d’un cadre bucolique. Au programme : des œuvres d’époques variées. Un compositeur en commun cependant : Jean-Sébastien Bach, dont les pièces offrent aux trois jeunes instrumentistes l’occasion de montrer leur palette technique.

Bach aux Sables

Margarita Balanas entre la première avec deux sonates pour violoncelle de Bach et György Ligeti. Les deux pièces rapidement enchaînées laissent cependant un goût d’inachevé, d’autant que l’interprète commet quelques loupés (elle sera plus attentive dans le concert du soir). La jeune Mira Foron, avec qui elle partage la scène sur le premier concert, montre pour sa part une sérénité des plus totales sur trois morceaux particulièrement ardus : le Capriccio de Penderecki, une sonate pour violon de Bach puis la balade de la Sonate no 3 d’Eugène Ysaÿe. Plus démonstrative qu’introspective, sa prestation maîtrisée de bout en bout est très applaudie.

Un peu plus tard, dans cette même salle, le guitariste Raphaël Feuillâtre livre à son tour un récital époustouflant de virtuosité, enchaînant fiévreusement les notes piquées, les fugues, les variations de timbre, parfois en jouant d’une seule main (mais il faut le voir pour le croire). En artiste généreux, il présente lui-même les morceaux : Bach toujours, mais aussi Albéniz, Llobet Solès pour terminer par La Catedral d’Augustin Barrios Mangoré, morceau aussi étonnant que la biographie de son auteur surnommé « le Paganini de la guitare des jungles du Paraguay ». Le jeune guitariste recueille un tonnerre d’applaudissements.

Le soir : Hymne au matin

Le Grand Concert du soir, également prévu en extérieur, a lieu à la salle de la Gargamoëlle. On y retrouve Margarita Balanas et Mira Foron, rejointes par les autres artistes (sauf Raphaël Feuillâtre reparti le jour même) pour interpréter avec brio deux pièces de Max Bruch et Johannes Brahms. Mais l’évènement de la soirée est la création mondiale de A hymn to the morning pour violon et clarinette, par Fanny Clamagirand et Sérgio Pires. L’œuvre est inspirée d’un poème de Philis Wheatley, lu par Alain Duault.

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Le public peut se rendre compte qu’elle n’en est pas l’illustration mais une transposition, dans un jeu d’ombres et de lumières rendus par les harmonies et frictions de timbre entre les deux instruments sur de longues phrases lentement déroulées. Le son diaphane du violon de 1700 joué par Fanny Clamagirand ajoute encore davantage de caractère au morceau, tandis qu’à la clarinette Sérgio Pires s’illustre par sa clarté solaire et son phrasé modulé.

Une fois de plus, le public est conquis et ne se lasse pas d’applaudir.

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