À L’ÉCRAN – Le Casse-noisette de John Neumeier revient à l’Opéra de Hambourg avec une relecture très personnelle de l’œuvre, où le conte de Noël devient un récit d’apprentissage, de désir et de passage à l’âge adulte.
Now I’ve had the time of my liiiife
Oubliez les flocons de neige et la magie des fêtes : dans son Casse-Noisette, John Neumeier s’éloigne résolument du conte féerique pour suivre l’initiation de Marie dans un tout autre univers, celui de la danse. Ici, la jeune héroïne ne bascule pas dans un monde magique, mais franchit un seuil plus intime : celui de la découverte du corps et de la scène comme espace de transformation, aux côtés du maître de ballet Drosselmeier.
Nous ne sommes pas loin de Dirty Dancing : tout comme Frances (alias « Bébé ») découvrant un monde qui lui était étranger, Marie plonge dans un rêve avec son maître de ballet qui la conduit au Théâtre Mariinski, où elle apprend à danser. Peu à peu, l’innocence se fissure au contact des premiers émois.
Portée par la musique de Piotr Ilitch Tchaïkovski et le Ballet de Hambourg, accompagné par l’Orchestre Philharmonique d’État de la ville, cette version de Casse-Noisette s’impose moins comme un spectacle familial que comme une métaphore de l’éveil artistique. Une lecture sensible, un brin troublante, qui donne une toute autre coloration à ce classique de fin d’année. No, I never felt like this before.
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Photo de Une : Alexandr Trusch et Ida Praetorius © Kiran West

