CONCERT – Avant de célébrer un samedi soir qui s’annonçait animé, je fis un rêve éveillé à l’Auditorium-Orchestre national de Lyon. Continuant d’égrainer au fil des saisons les symphonies de Gustav Mahler, Nikolaj Szeps-Znaider dirigeait la 7ème Symphonie en Mi mineur « Chant de la nuit », une ode post romantique intense et onirique.
Le concert s’ouvre sur un premier mouvement agité, alternant entre de charmants solos de tuba ténor et des tutti savoureusement excessifs. Les pupitres de vents prennent un plaisir non dissimulé à dialoguer, se partageant les thèmes avec beaucoup de souplesse. Les harpes remplissent à merveille le rôle signalétique prévu par Mahler, apportant une poésie supplémentaire à ce tableau tout en cassures, contrastes et murs de son.
NACHTMUSIK
La musique nocturne qui lui succède est joyeuse, malgré un début un peu brouillon. Des cloches à vaches, depuis les coulisses, entretiennent une atmosphère rustique et débonnaire, entre ternaires joyeux et harmonies presque magiques.
SCHATTENHAFT
Fantomatique, le troisième mouvement de cette symphonie impressionne par sa noirceur inquiétante. Aux limites d’un rêve tout transylvanien, ses motifs fuyants interprétés par les solistes de l’orchestre dépeignent un sombre tableau, où le pupitre de bassons s’illustre avec beaucoup de brio.
GUITARE ET MANDOLINE
Mettant en valeur une guitare et une mandoline, la deuxième musique nocturne oscille entre douceur, grâce à l’instrumentarium, et nuances de gris grâce aux harmonies du compositeur autrichien.
Le Rondo-Finale, léger et enlevé, cite le premier mouvement de cette symphonie, dans un caractère proche du vaudeville. Les cuivres y prennent une place conséquente grâce au choral et aux nombreuses sonneries des trompettes et des cors.
Sa fin abrupte m’éveille dans ce songe éveillé, ébloui par les musiciens de l’orchestre et leur interprétation sensible et communicative de cette 7ème Symphonie de Gustav Mahler. Le public, particulièrement nombreux, a applaudi à tout rompre, partageant ma rêverie romantique.
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