AccueilA la UneEdgar Moreau à Vichy : c’est du rock, coco !

Edgar Moreau à Vichy : c’est du rock, coco !

CONCERT – Habitué à accueillir de grands noms de la musique, l’Opéra de Vichy reçoit cette fois-ci Edgar Moreau au top de sa forme, accompagné de l’Orchestre des Pays de Savoie qui sait se mettre au diapason. Au programme : du baroque, du contemporain, et surtout du rococo !

Du monde de la musique, il était déjà une figure pas si classique, il y a dix ans, lors de sa première venue à l’Opéra de Vichy. Le jeune prodige de 22 ans aux airs encore juvéniles venait de remporter deux trophées aux Victoires de la Musique Classique. Chacun de ses concerts suscitait une curiosité folle, et jamais le public ne repartait déçu après avoir entendu (et surtout vu) jouer un tel virtuose. Et une décennie plus tard ? Force est de constater qu’elle est toujours là, cette « Edgar Moreau mania », en atteste la présence, à Vichy, d’un public venu tout spécialement pour applaudir son violoncelliste préféré. 

Mais de ce spectacle, le baroque est la première des vedettes, servi ici par les musiciens de l’Orchestre des Pays de Savoie conduit par Arie Van Beek (ancien chef de l’Orchestre d’Auvergne et familier de la maison vichyssoise), venus en voisins (ou presque) depuis les rives d’Annecy. Une phalange de 23 musiciens à dominante de cordes, mais renforcée par quelques vents (hautbois et cors notamment), et qui se frotte donc d’abord sur la scène thermale à deux pièces méconnues du XVIIIème siècle : le Concerto grosso en fa majeur d’Arcangelo Corelli, avec des couleurs et nuances changeantes aussi solennelles que captivantes, à laquelle fait écho une œuvre déjà bien plus barocco-classique, la Symphonie n°6 en sol mineur de Johann Christian Bach, opérant déjà une passerelle vers Mozart, exécutée par les musiciens savoyards avec toute la verve requise.

Le baroque fait son cinéma

Mais puisqu’il ne s’agit pas non plus d’avoir le blues en se tournant uniquement vers des musiques lointaines, voici que le programme du soir convoque un compositeur bien plus récent, le Britannique Michael Tippett (actif durant tout le XXe), dont est ici jouée une Fantaisie concertante sur un thème… de Corelli. Souvent, ainsi, les lignes musicales semblent comme se percuter, avant que tous les pupitres ne se rejoignent en des motifs qui pourraient être ceux d’une musique de film à suspense ou d’une romance qui ne serait pas tout à fait un long fleuve tranquille. Une œuvre en tout cas surprenante. 

Reste que le public vichyssois est surtout venu pour entendre sa pop star. Un certain Edgar Moreau, donc, venu lui se mesurer à une partition exigeante s’il en est : les Variations Rococo de Tchaïkovski. Une œuvre au thème principal des plus envoûtants,  qui se trouve ici décliné à tous les parfums, de manière dansante, gracieuse, et bientôt extatique. Il faut alors avoir l’archet bien en main, la main gauche solide sur la touche, et ne pas rechigner à l’exercice de la double corde, du glissando sur le pouce, du pizzicato qui claque. Et ça tombe bien : tous ces gestes d’orfèvrerie, la vedette du soir les maîtrise à la perfection, avec ses mains conjuguant souplesse et fermeté, cet archet intenable et pourtant si bien tenu, et surtout cette manière de savoir sortir toujours la juste palette de nuances, d’un petit piano pour se faire romantique et charmeur, jusqu’à un ultime crescendo quasi volcanique pour aboutir à un final exalté. Exaltation qui doit aussi beaucoup, en l’espèce, à cet orchestre toujours discipliné, conduit sans baguettes par Arie Van Beek dont les mains, et notamment la droite, disent souvent moins la mesure qu’elles ne cherchent à obtenir des musiciens la juste couleur sonore et l’idéale intensité dans chacune des notes, chacun des phrasés.

Assurément, avec de tels musiciens et un tel élan commun, ces Variations ont ainsi de quoi faire très rock, coco ! Et puisqu’il salue chaleureusement l’ensemble du plateau, et bien évidemment son joueur de cello favori, le public se voit gratifier de deux bis supplémentaires, une petite Allemande et Sarabande issues des Suites de Bach, qui sont un ultime et tout aussi apprécié moment de ravissement.

À Lire également : Le printemps bordelais d'Edgar Moreau
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