AccueilSpectaclesComptes-rendus de spectacles - DanseSALT-ICE, un opéra qui cristallise le sel de l’enfance

SALT-ICE, un opéra qui cristallise le sel de l’enfance

COMPTE-RENDU – Aux Ateliers de La Monnaie, SALT-ICE de Ruben Zahra se présente comme un opéra-conte pour le jeune public. Entre origamis, danse et narration, se dessine une aventure fantastique dans les montagnes de sel.

Mise à plis pour le jeune public 

Un dimanche matin, l’opéra quitte la grande salle pour se glisser derrière le bâtiment de La Monnaie, dans les Ateliers où prennent vie décors et costumes. C’est là que se tient ce rendez-vous familial d’une petite heure, où l’imaginaire se construit avec du papier, des voix d’enfants et quelques pliages bien sentis. SALT-ICE s’y présente comme un objet lyrique à la fois ludique et ingénieux, un opéra pour les enfants interprété par des enfants, où la fantaisie visuelle est accompagnée à la voix par une conteuse.

Dès les premières minutes, le spectacle annonce la couleur (ou plutôt le pli). Costumes et scénographie empruntent leur vocabulaire aux sculptures d’origami. Au premier plan évoluent sept jeunes danseuses chorégraphiées par Pamela Kerr. Leurs costumes neutres sont ponctués d’origamis aux angles de flocons de neige. La musique de Ruben Zahra convoque les jeunes voix de la chorale Equinox, dirigées par le ténor roumain Zeno Popescu et au piano, Tricia Dawn Williams assure la charpente musicale tandis que des textures électroniques relient les différentes scènes.

Les formes anguleuses imaginées par les artistes et origamistes Polly Verity et Peter Dahmen évoquent tour à tour des cristaux de sel ou des éclats de glace. Les plis s’organisent en véritable grammaire visuelle et, comme dans une petite expérience de chimie menée sous les yeux du public, les structures se déploient, se replient et se recomposent sans cesse.

Un conte de cristal

Le récit suit Katharina et Martin, deux enfants habitués à aider leurs parents dans une mine de sel en montagne. Lorsque leur père est victime d’un accident, ils partent à la recherche de la mystérieuse fleur de vie capable de le guérir. Leur route croise quelques figures du folklore alpin : la sorcière Frau Perchta, un ours des cavernes plutôt affable et un dragon des Alpes dont la réputation n’est plus à faire.

La mise en scène de Ruben Zahra repose sur un dispositif aussi simple qu’ingénieux. Un large écran voilé ferme le fond de scène. Derrière cette surface apparaissent en ombres chinoises les silhouettes des chanteurs, installés près du piano. Sur l’écran se déploient les vidéos des sculptures pop-up et quelques repères graphiques qui guident le regard. Résultat : même les plus jeunes spectateurs ne perdent jamais le fil de l’aventure.  Avec quelques feuilles de papier, un piano et des voix d’enfants, le spectacle fabrique un univers étonnamment riche. Dans les Ateliers de La Monnaie, la magie tient parfois à peu de choses : une bonne histoire et une feuille de papier bien pliée.

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