AccueilA la UneLes derniers camélias de Dorothée Gilbert

Les derniers camélias de Dorothée Gilbert

DANSE – L’Opéra donne le temps, sublime, d’admirer des adieux : ceux de La Dame aux camélias à la vie, ceux de Dorothée Gilbert à la scène qu’elle quittera le 15 octobre 2026, en Manon (par Kenneth MacMillan). C’est par la fin que tout (re)commence et, en raison de grèves les deux premiers soirs, c’est même par Dorothée Gilbert que revient ce ballet de John Neumeier d’après Alexandre Dumas fils et sur une musique de Chopin.

Comme si la disparition d’une héroïne venait soudain rencontrer celle d’une étoile…

Tout commence après la mort de Marguerite. Meubles, bijoux et robes sont vendus aux enchères comme autant de reliques d’une vie mondaine déjà effacée. Armand revient parmi ces objets familiers ; chacun ravive un souvenir, une trace de leur histoire passionnelle. Puis apparaît enfin Marguerite, silhouette fantomatique devant son miroir, comme prisonnière de l’image qu’elle laissera derrière elle.

Une histoire que peut s’écrire une artiste, telle que Dorothée Gilbert. La voir relève presque du privilège, celui d’un balletomane aguerri qui sait reconnaître ces moments précieux de la danse avant qu’ils ne disparaissent. Face à elle, Florent Melac incarne un amant fougueux qui tente désespérément de retenir une apparition déjà en train de s’évanouir. Entre eux, une sensualité immédiate, presque charnelle, des portés périlleux, une tension physique constante à chaque pas de deux ! Une fusion des corps rarement atteinte…

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Surtout Dorothée Gilbert ne se contente pas de danser, elle y déploie tout son jeu dramatique d’actrice, celui des héroïnes romantiques promises à la chute : femme fatale et condamnée tout à la fois, d’une fragilité qui donne le vertige. Sa silhouette frêle, presque spectrale, semble déjà appartenir au passé, à l’histoire de Garnier. Elle est tout simplement bouleversante. Chacun de ses regards, chacun de ses pas, chacun de ses gestes semble désormais chargé de souvenir et porté par la musique (direction Markus Lehtinen).

Roxane Stojanov apporte à Manon une noirceur presque prémonitoire, comme une autre version de la femme consumée par la passion, tandis que Thomas Docquir en Des Grieux est un partenaire solide. Naïs Duboscq retrouve quant à elle Olympia avec une maturité nouvelle et une grande espièglerie.

Briller encore avant de s’éteindre

C’est peut-être pour cela que cette reprise résonne si fort aujourd’hui. Parce qu’à travers l’histoire de cette femme, c’est aussi une étoile qui semble doucement faire ses adieux à la scène. Vous l’avez compris : Dorothée Gilbert incarne surtout une Marguerite de celles qui marquent l’histoire d’un ballet, peuplé de souvenirs, de miroirs et de fantômes. Elle s’impose comme l’une des grandes danseuses romantiques de Garnier, qui s’apprête à quitter la scène.

Il ne reste que trois représentations de La Dame aux camélias avec Dorothée Gilbert. À vos agendas… Ah non c’est complet (une étoile, ça file).

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