AccueilA la UneL’Étoffe inépuisable du rêve : Il en faut peu pour rêver beaucoup

L’Étoffe inépuisable du rêve : Il en faut peu pour rêver beaucoup

COMPTE-RENDU – À Clermont-Ferrand, l’Opéra-Théâtre présente L’Étoffe inépuisable du rêve, un opéra de chambre signé Sophie Lacaze. Une plongée sensorielle entre nature et conscience écologique, à laquelle nous avons assisté lors d’une représentation spécialement réservée aux scolaires.

Il en faut peu pour être heureux

Il faisait beau, et devant l’Opéra-Théâtre, une centaine de collégiens surexcités attendaient de découvrir un opéra. Un camion de pompiers passe. Klaxon. Ovation générale des ados. Dans la foulée, un camion de chantier tente sa chance. Klaxon. Succès égal. Une prof, amusée, s’exclame : « Il en faut peu pour être heureux ! »

À Lire également : Le Trouvère à Clermont-Ferrand - de cape et d’effets
Toutes les abeilles de la forêt

La musique commence et instantanément on y est : allongés dans l’herbe sous le bruissement des feuilles, une rivière qui coule un peu plus loin, des petits animaux tout autour, le vent qui fait frémir les buissons. La flûte au loin, c’est un oiseau qui chuchote un secret. Les percussions ? C’est la forêt qui respire. Et le didgeridoo ? Une vibration tellurique, comme si la Terre elle-même nous parlait.

Sous la direction de Bruno Mantovani, les huit musiciens de l’Ensemble Orchestral Contemporain tissent un paysage sonore où l’on n’entend plus seulement des instruments, mais des forêts, des souffles, des mondes. La musique alterne entre instants suspendus, planants, et moments rythmiques façon parade des animaux. C’est précis, organique, hypnotique.

Il faut se satisfaire du nécessaire

Sur le plateau : des feuilles, un arbre, des toiles peintes. Pas besoin de plus. La mise en scène signée Jeanne Debost fait le pari de la poésie discrète, servie par les lumières chaudes et tendres de Dan Félice. Ici, pas de frontière entre l’orchestre et la scène : tout le monde bouge, joue, vibre ensemble. Le collectif avant tout.

Alain Carré, récitant précis, se glisse dans la partition comme un instrument à part entière. À ses côtés, les voix de Paul-Alexandre Dubois (Baïame), Xavier de Lignerolles (Punjel) et Els Janssens (Yhi) forment un trio vocal d’une grande richesse. Murmures, cris, chants diphoniques, sifflés, parlés : la voix sous toutes ses formes !

Riez, sautez, dansez, chantez !

Et soudain… le didgeridoo. L’assistance est clouée. Une onde grave traverse la salle. Dans le public, des ados malentendants, équipés de gilets vibrants, esquissent des sourires. L’inclusion ici à Clermont n’est pas qu’un mot, c’est un frisson collectif.

L’histoire ? Celle de la création du monde, version aborigène. Puis le réveil brutal : tout a été détruit. Et cette question qui plane, comme posée aux ados par le narrateur : « Comment arrêter le massacre des arbres centenaires ? » Le spectacle ne fait pas la morale, il propose une piste : L’art, la solidarité, les liens humains, peuvent nous aider à écrire une nouvelle histoire.

Prenez la vie du bon côté

Les ados dans la salle ? Captivés. Les applaudissements sonores accompagnent les saluts des artistes. À l’opéra aujourd’hui, on a assisté à un rêve collectif, une ode à la nature, un moment suspendu. Et un espoir tenace, aussi, que nous pouvons écrire l’histoire différemment en nous reconnectant à cette nature vibrante, en s’en sentant responsables plutôt que de vouloir la dominer.

Sur le même thème

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

Vidêos Classykêo

Articles sponsorisés

Nos coups de cœurs

Derniers articles

Newsletter

Twitter

[custom-twitter-feeds]