AccueilA la UneLe Comte de Monte-Cristo, Dantèsque récital Baroque à Bayreuth

Le Comte de Monte-Cristo, Dantèsque récital Baroque à Bayreuth

COMPTE-RENDU – Dans la baroque mais sobre « Schlosskirche », l’église du château, le Festival Baroque de Bayreuth nous invite à rencontrer Edmond Dantès, dans un récital intitulé « The Count of Monte Christo » !

Seria en série

L’argument de ce récital est assez malin, reprenant l’histoire d’Edmond Dantès, amoureux frustré, trahi, qui a sombré et connu la déchéance, mais qui entame son come back avec en perspective la vengeance envers ses ennemis, puis l’espoir de stabilité pour se retrouver enfin serein. Ces trois aspects de la vie de notre héros sont interprétés par le contre-ténor Rémy Brès-Feuillet, accompagné par l’ensemble « I Porporini », un violon et un violoncelle dirigés par Gerd Amelung au clavecin. Assumant le décalage temporel pour ce Festival à Bayreuth (pas le Wagnérien), on a donc puisé dans le répertoire de l’âge d’or de l’opéra baroque, dans les œuvres de Haendel, Vivaldi, Scarlatti et Porpora, ces stars de l’opéra seria, divers airs de héros baroques déchus, afin d’illustrer ces situations et passions humaines.

© Clemens Manser Photography

C’est donc un florilège d’airs plus ou moins tristes, mélancoliques ou vindicatifs, entre lamentations et airs de tempête, selon les clichés de l’opéra seria, qui nous est délivré, avec un vrai raffinement d’exécution, en particulier dans la déclamation du texte et les reprises da capo de ces airs, joliment inventées et exécutées. Rémy Brès-Feuillet, dans une jolie tunique verte, déploie une belle voix, sombre et profonde, celle d’un alto masculin, avec un souci constant du beau son. Et le son est beau, il n’y a pas à dire. Tout est entièrement sous contrôle, au risque de la retenue, c’est alors l’incarnation théâtrale qui apparaît limitée, tout comme la musique le fait dans l’interprétation des instrumentistes, un peu en retrait. La gestuelle « tragique », de mains et de mines, peine à traduire l’expression de ces héros brisés.

Mais même si Le Comte de Monte-Cristo sera resté dans la sacristie, il offre toutefois une jolie plongée sonore (bien plus agréable pour le héros que son évasion spectaculaire dans le roman), capable aussi de sons impalpables qui se répandent avec douceur dans l’église, comme une sorte de caresse de l’âme.

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Visiblement, le comte est bon pour le public qui ne boude pas son plaisir et applaudit copieusement Rémy Brès-Feuillet.

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