AccueilA la UneItinéraire baroque en Périgord : de tout cœur avec les Bach

Itinéraire baroque en Périgord : de tout cœur avec les Bach

COMPTE-RENDU — Au Festival Itinéraire baroque en Périgord, les Sonates pour clavecin et flûte à bec de Carl Philipp Emanuel Bach, fils de Jean-Sébastien, nous invitent à rester à l’affût du sensible. Reine-Marie Verhagen à la flûte à bec et Tini Mathot au clavecin sont là pour nous accompagner dans cette exploration attentive.

Clavecin magnifique et différentes tessitures de flûtes à bec, rien de plus ! Au fur et à mesure du répertoire, on nous convie à nous plonger dans la sensibilité de Bach père et fils, précurseurs en la matière. Toujours dans l’église Saint-Martin-de-Champagne, le public est saisi par l’Empfindsamkeit (Sensibilité), comme disaient les Allemands au XVIIIᵉ siècle.

Un cœur qui bat (roque)

Le souffle de la flûte dans la Sonate WQ 85 en sol majeur nous rappelle une haletante respiration familière, avant que les trilles et les mordants de Mme. Verhagen ne nous plongent dans un spectacle immersif : on croirait sentir le cœur de Bach palpiter, s’enjouer, se divertir…

La monodie accompagnée de la Sonate en do majeur WQ 87 fait la jonction entre le systématisme et les aléas. Lamentation, retards subtils, silences longs et imperturbables de la flûte à bec montrent que le propre corps de Carl Philipp Emanuel subit les intempéries des humeurs, des peines, du désarroi, mais aussi de la neutralité, du vide, et de l’expectative.

Papa Bach se fait discret

Personne ne remarque le cœur tant qu’il bat. Pourtant, s’il s’arrête, tout s’effondre. Jean-Sébastien s’invite au rendez-vous dans la Sonate BWV 1035 avec un Adagio plus structuré au niveau du clavecin, plus rythmé aussi, mais qui ne réclame pas la lumière pour autant, se confondant avec la flûte à bec, comme un porte-parole.

La relève est assurée

Enfin, l’Allegro de la Sonate BWV 1035 nous emmène comme un confident au travers de l’émotion du compositeur. Extrêmement rapide, le passage met en valeur l’articulation homogène et lustrée du clavecin, les traits fulgurants de la flûte à bec (pareils à des étoiles filantes) ainsi que les arabesques en notes conjointes du même instrument. Les lignes instrumentales s’entrelacent comme des confidences, dans une écriture où Bach fait circuler la parole musicale avec une grande fluidité.

Prenez le temps de ressentir ! Dans ce concert, l’équilibre et l’architecture du discours font la sensibilité du père. Chez le fils cependant, on ose les hésitations, les élans et les silences annonçant une nouvelle génération, celle des préromantiques.

À Lire également : Bach Réimaginé en Périgord

Sur le même thème

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

Vidêos Classykêo

Articles sponsorisés

Nos coups de cœurs

Derniers articles

Newsletter

Twitter

[custom-twitter-feeds]