AccueilA la UneHommage Rennais à Mozart, du fond du c(h)œur

Hommage Rennais à Mozart, du fond du c(h)œur

COMPTE-RENDU – À travers la musique et les lettres de Mozart, c’est une émouvante immersion dans les derniers instants du compositeur que propose l’Opéra de Rennes, avec le concours de l’ensemble Astrolabe, du chœur de chambre Mélisme(s), secondés de la soprano Sheva Tehoval et du baryton Jean-Christophe Lanièce.

Entre les arts et les mots : l’ombre projetée du compositeur

Mêlant musique et théâtre, la nouvelle création de Katja Krüger donne à découvrir Mozart tel qu’on l’a rarement vu. Sur scène, peu de décors. Un lit, un bureau avec une cage à oiseaux, des penderies. Autant d’objets du quotidien qui laissent planer l’ombre du compositeur. Ce dernier brille cependant par son absence : aucun comédien pour l’incarner sur le plateau. Il prend vie à travers la voix des choristes lisant à voix haute ses lettres. À travers ses propres mots, on découvre un Mozart tantôt facétieux, tantôt mélancolique, hanté par la mort et par le souvenir de sa mère, décédée à Paris durant une tournée de la famille.

Les accords de l’ouverture de La Flûte Enchantée et du Confutatis ponctuent la narration, comme des parenthèses sonores. Plus qu’un concert ou qu’une pièce, c’est un voyage intérieur dans l’esprit (ou le cœur) de Mozart au crépuscule de sa vie. Les personnages d’opéra, comme Figaro, Papageno, Pamina, y côtoient l’évocation de figures réelles comme Constance Mozart, ou bien la sœur de Wolfgang, Maria Anna dite « Nannerl », mais aussi leurs contemporaines, les compositrices Maria Teresa Agnesi et Sophie Gail, mais également Gioacchino Rossini, présenté ici comme successeur de Mozart, à travers une mise en parallèle des Noces de Figaro et du Barbier de Séville, de L’Enlèvement au Sérail et de L’Italienne à Alger.

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Un spectacle qui chante de tout son c(h)œur

Ensemble en résidence à l’Opéra de Rennes, le Chœur de chambre Mélisme(s) réunit 12 choristes, soit trois voix par pupitre, sous la direction de Gildas Pungier. À peine plus nombreux, l’ensemble Astrolabe joue également en petit effectif, composé d’un quintette de cordes, d’une clarinette, d’un basson et d’un cor. Cela confère au concert un aspect intimiste et fait d’autant mieux ressortir les parties musicales de chacun. Les choristes se montrent particulièrement en verve, investis dans leur jeu scénique. Jean-Christophe Lanièce et Sheva Tehoval se prêtent également au jeu, lui d’un solide timbre de baryton-basse à l’aise dans le registre aigu, elle d’une voix suave et expressive, au legato soutenu nacré de résonances palatales. À noter aussi la présence sur scène de la comédienne Stéphanie Olier, qui contribue à l’inclusivité du spectacle en accompagnant les arias en chansigne, c’est-à-dire en langage des signes au rythme de la musique, ce qui diffuse une pratique artistique encore trop largement méconnue à l’opéra.

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La salle n’était pas complètement remplie, mais l’enthousiasme était bien perceptible et tous les artistes reçoivent une vive ovation.

© Laurent Guizard
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