DANSE – En tournée à travers la France, le Béjart Ballet Lausanne s’arrête au Zénith de Toulouse avec deux pièces de son créateur : L’Oiseau de feu et Boléro ainsi qu’une troisième, Béjart et nous, signée Julien Favreau.
Perpétuer l’héritage
Pour cette tournée, le ballet respecte une des lignes directrices du travail de Béjart : l’accès à la danse pour tous en choisissant la plus grande salle de spectacle toulousaine, loin des théâtres conventionnels. Pari tenu, le public réunit petits et grands mais aussi initiés à la danse, ou non.
La création Béjart et nous, constituée d’extraits de pièces iconiques du chorégraphe, en offre pour tous les goûts : on traverse différentes esthétiques, allant du classique avec les danseuses sur pointes au contemporain presque animal. La salle s’émeut devant « Wien, Wien, nur du allein » et chantonne sur « Ne me quitte pas » de Brel. On passe par autant de registres que de pièces : dramatique, joyeux, festif, nostalgique. Le tout accompagné de partitions musicales tout aussi éclectiques. Les battus et les glissades sont aussi bien accompagnés par les créations de grands compositeurs que de musiques provenant de folklore populaire.

Presque 20 ans après sa disparition, la compagnie de Béjart lui rend hommage avec ce best of digne d’une rock star. Et la suite de la soirée nous offre un aperçu plus approfondi sur les pièces L’Oiseau de feu et Boléro.

Pendant la première, on peut admirer les danseurs évoluer autour de la figure du cercle ainsi que le soliste Hideo Kishimoto, L’Oiseau de feu, virevolter dans de grands sauts à l’amorti parfait. Évidemment, la pièce se finit sur la mythique figure en croix édifiée par les corps des danseurs allant de part et d’autre de la scène, sans oublier le porté final, exécuté fièrement par la nouvelle génération.
Le clou du spectacle n’est autre que Boléro. Sur la musique de Maurice Ravel, la mélodie et le rythme sont personnifiés respectivement par Mari Ohashi et par un ensemble uniquement constitué de danseurs. Sans jamais établir de contact avec la danseuse, qui reste sur son estrade rouge, ils marquent chaque temps, à la manière d’un métronome. La mélodie donne également le rythme et se lance petit à petit dans une chorégraphie linéaire, presque hypnotisante.
Chacune de ces pièces est tenue du début à la fin par des interprètes investis, tant dans la technique que dans l’interprétation. Les pièces de Béjart continuent leur chemin en suivant les principes du chorégraphe : la danse est un espace de liberté, organisé autour de la musique, et surtout, elle doit être accessible à tous.
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Photo de Une : Boléro © BBL – Laurent Philippe (mars 2026)

